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Milord
Datte: 24/01/2026, Catégories: #volupté, fh, cadeau, prost, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
Deux âmes s’étreignaient dans l’obscurité. Leurs souffles haletants couvraient le brouhaha de la taverne qui traversait sourdement le parquet en bois aux lames disjointes. Le lit aux draps rêches gémissait sous leurs lentes ondulations. Elle lui offrait le réconfort de l’oubli, prolongeant sans cesse le plaisir. Il se laissait emporter, tel un navire à la dérive, flottant dans la volupté de ce corps si tendre, si accueillant. Son chagrin s’était évanoui… Grâce à elle, grâce à cette chanson murmurée tout contre son cœur : Allez, venez, Milord Je soigne les remords Je chante la romance Je chante les milords Qui n’ont pas eu de chance Regardez-moi, Milord Vous n’m’avez jamais vue Un rythme qui revenait sans cesse, comme le ressac de la mer qui lui avait tout pris. Sous ses paupières closes, les souvenirs remontaient. Le roulis de leurs deux corps emboîtés s’accordait aux vagues qui léchaient les quais. Il se rappela… Le port était noyé sous un ciel bas, l’atmosphère saturée de sel et d’embruns. Les pavés suintaient l’écume des vagues qui s’écrasaient contre les môles, déchirant la nuit de coups détonants. Les lanternes vacillaient à chaque rafale de vent, projetant des ombres inquiétantes sur les façades crasseuses des bâtisses. Il se tenait là, figé comme une statue incongrue, dressée là où elle n’aurait jamais dû être. Transi sous sa redingote élégante, le regard rivé vers le large…. Le navire s’éloignait lentement, sa silhouette ...
... sombre s’effaçant peu à peu dans l’obscurité. Elle était à bord. Elle partait, emportant avec elle la douceur de ses promesses, l’éclat de ses yeux enjôleurs. Il ne restait que l’écho déchirant des adieux et le grincement sinistre des amarres qu’on relâche. Une bourrasque soudaine l’avait fait vaciller, le giflant de sa rudesse. Alors, des mots surgis de nulle part avaient chanté son désespoir. Dire qu’il suffit parfois Qu’il y ait un navire Pour que tout se déchire. Quand le navire s’en va, Il emmenait avec lui La douce aux yeux si tendres Qui n’a pas su comprendre Qu’elle brisait votre vie. Et là, alors qu’il était en train de serrer la crosse de son pistolet dans sa poche, les yeux gonflés refusant de pleurer, transpercé par la douleur, un frôlement sur son bras l’avait fait sursauter. Il avait tourné la tête et avait croisé un regard insouciant, lueur réconfortante, au milieu de cet endroit lugubre. Allez, venez, Milord Vous avez l’air d’un môme Laissez-vous faire, Milord Venez dans mon royaume Allez, venez, Milord Vous asseoir à ma table Il fait si froid, dehors Ici c’est confortable Elle l’avait entraîné à l’intérieur, dans un lieu de mauvaise vie, au milieu de la chaleur des corps serrés, des rires et du tumulte, de l’odeur entêtante du tabac de pipe et de l’alcool bon marché. Assis côte à côte sur un banc de bois mal dégrossi, un peu bancal, elle lui avait entouré les épaules de son bras et l’avait blotti contre ...