1. Journal d'un monstre 1


    Datte: 07/01/2026, Catégories: #journal, #réflexion, #psychologie, #drame, #vengeance, #adultère, #différencedâge, fh, fplusag, profélève, pénétratio, Auteur: Rainbow37, Source: Revebebe

    ... est parti. Toute la journée. Je ne l’ai pas revu avant le dîner. Il a préféré manger devant la télé, une assiette sur les genoux, plutôt que de rester à table avec moi. Il fait ça pour éviter de me parler. Peut-être qu’il est aussi fatigué que moi.
    
    Je réalise qu’on ne fait plus grand-chose d’un couple ordinaire. On partage un toit, mais plus une vie. Souvent, il préfère manger seul plutôt que de s’asseoir avec moi. Et moi, je n’ai même plus l’énergie de lui en vouloir pour ça.
    
    Les signes d’affection ? Presque inexistants. Parfois, il pose une main sur mon épaule, mais c’est mécanique, sans âme. Quant au sexe… Je devrais plutôt dire « ce qu’il en reste ». Pour lui, c’est juste un besoin à satisfaire… Se vider, puis s’endormir.
    
    Pour moi, c’est une souffrance. Physique, d’abord. La pénétration me fait mal, à cause de cette sécheresse que je traîne depuis si longtemps. Mais surtout, sentimentale. Il n’y a plus rien entre nous. Pas de désir, pas de complicité. Juste le vide.
    
    J’aimerais dire que je vais essayer de réparer ça, de nous retrouver. Mais je ne sais même pas par où commencer, ni si j’en ai encore l’envie.
    
    Aujourd’hui, j’ai eu ma séance avec la psy. Je ne sais pas pourquoi j’ai cédé, mais j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai tendu mon journal. Elle a lu une partie, en silence. Je scrutais son visage pour y chercher un indice, une réaction, quelque chose qui me dirait si ce que je fais a un sens.
    
    Quand elle a levé les yeux, elle m’a souri ...
    ... doucement. « Vous avez trouvé des mots, Isabelle. Même dans vos crises, même dans votre rage. C’est déjà un pas immense. Continuez. »
    
    Continuez. Ce mot résonne en moi. Je ne sais pas si je suis capable de poursuivre, mais au moins, aujourd’hui, je me sens un peu moins seule dans cette tempête.
    
    Je crois que j’ai ri aujourd’hui. Patrice a raconté une anecdote, une histoire banale de boulot. J’ai souri, même ri un peu. Mais ça n’a duré qu’une seconde. Il n’a même pas remarqué. Peut-être qu’il ne cherche plus à me voir heureuse. Peut-être que je ne sais plus l’être.
    
    Aujourd’hui, je suis prête à parler de ce jour maudit où j’ai perdu mon titre de mère. C’était le 13 mars dernier. Justine était à terme.
    
    Patrice et moi étions partis travailler le matin comme tous les jours, après avoir embrassé notre fille, loin de nous imaginer que notre vie allait basculer définitivement.
    
    C’est en début d’après-midi que j’ai reçu l’appel de l’hôpital nous informant de la prise en charge en urgence de Justine. J’ai prévenu un collègue de mon départ précipité et je me suis ruée vers ma voiture tout en appelant Patrice.
    
    Après notre arrivée, la personne de l’accueil nous a fait patienter dans cette pièce glaciale où tout résonnait, même nos silences.
    
    Puis, l’attente fut longue. Trop longue. Je n’oublierai jamais le visage du médecin lorsqu’il est venu nous voir. Son regard fermé, presque vide, comme s’il portait un poids insupportable. « Votre fille a été transportée par les pompiers ...
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