1. Journal d'un monstre 1


    Datte: 07/01/2026, Catégories: #journal, #réflexion, #psychologie, #drame, #vengeance, #adultère, #différencedâge, fh, fplusag, profélève, pénétratio, Auteur: Rainbow37, Source: Revebebe

    Salaud. Connard. Monstre. Déchet d’homme.
    
    Combien de fois vais-je devoir écrire ces mots pour apaiser cette rage sourde qui brûle en moi ? Ces insultes semblent dérisoires face à l’immensité de ce que je ressens. Aucun mot n’est à la hauteur. Pas même la haine.
    
    Je rêve de toi. Mais pas de la manière douce et sucrée qu’on chante dans les poèmes. Non. Mes rêves sont sombres. Je me vois poser mes mains sur ton cou. Lentement. Sentir ta peau contre mes paumes, ta vie qui palpite sous mes doigts. Je rêve de serrer, de t’étouffer, de te regarder suffoquer. Je peux voir cette lueur s’éteindre dans tes yeux, inexorablement. Si lentement pour que chaque seconde devienne un supplice, comme celui que tu m’infliges.
    
    Une vie pour une vie. Ton agonie pour la mienne.
    
    Cela m’a pris une semaine. Une semaine à tourner autour de ce journal comme un chat autour d’une proie. Mais voilà, c’est fait. J’ai écrit hier. J’ai laissé ma colère exploser sur ces pages, je ne savais pas que j’avais tant de rage en moi. C’est comme si ces mots n’étaient pas les miens, je ne me reconnais pas…
    
    Pourtant, ce matin, en relisant ces lignes, j’ai senti quelque chose de nouveau : une sorte de soulagement… fragile, mais réel.
    
    C’est peut-être une bonne idée, finalement, ce journal. Je n’aurais jamais cru dire ça, mais la psy a peut-être raison. Mettre des mots sur ma douleur, ma rage… Cela me fait comprendre à quel point je suis brisée.
    
    Vincent. Son nom. Juste son nom et tout remonte à la ...
    ... surface. Il est la plaie qui refuse de se refermer, l’ombre qui plane sur tout ce que je fais. Il a détruit ma famille. Gâché ma vie. Ces mots me brûlent les doigts, j’en ai les mains qui tremblent, mais ils sont là, noirs sur blanc.
    
    Écrire. Vomir tout ça sur le papier. Peut-être qu’un jour, cela me fera moins mal. Peut-être qu’un jour je saurai quoi faire de tous ces sentiments qui bouillonnent en moi. Alors, je dois continuer. Une page à la fois. Peut-être même que ce journal deviendra un allié. Peut-être qu’il m’aidera à survivre.
    
    Mais pas ce soir. Je ne peux pas encore le revivre. Pas encore raconter. Je n’en ai pas la force. Un jour. Mais pas ce soir.
    
    J’ai la nausée. Je suis restée pétrifiée à la vue de Patrice, sur son canapé, à hurler de joie devant son match de foot. Il riait, applaudissait, emporté par l’excitation générale, comme si rien n’avait jamais changé.
    
    Ça me dépasse. Comment mon époux peut-il s’extasier devant des buts, des passes, des conneries, alors qu’il y a peu, un monstre nous a volé ce qu’on avait de plus précieux ? Notre enfant.
    
    Et puis il y a eu les klaxons dans la rue. Les chants, les rires, les drapeaux agités à travers les fenêtres. Tous ces gens qui célèbrent, comme si leur monde était parfait, comme si rien ne pouvait briser leur bonheur.
    
    Même Patrice. Il s’est réfugié dans ces putains de matchs de foot, dans ces cris, dans cette mascarade, laissant penser que tout peut encore être normal. Moi, je n’ai pas ce luxe. La vérité, c’est ...
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