1. Journal d'un monstre 1


    Datte: 07/01/2026, Catégories: #journal, #réflexion, #psychologie, #drame, #vengeance, #adultère, #différencedâge, fh, fplusag, profélève, pénétratio, Auteur: Rainbow37, Source: Revebebe

    ... n’en ai pas encore la force.
    
    La tension était insoutenable ce soir. Patrice m’a demandé si j’allais « rester dans cet état encore longtemps ». Je lui ai répondu que je me battais chaque jour. Il a haussé les épaules. Puis il est parti dans le salon, me laissant seule avec mon verre de vin dans la cuisine.
    
    Aujourd’hui a été une bonne journée, une vraie bouffée d’oxygène. Une de ces rares journées où la vie semble normale, presque paisible. Patrice et moi avons terminé par une promenade autour du lac, main dans la main, comme autrefois. J’en avais besoin, et pour une fois, j’ai presque réussi à oublier. Presque.
    
    Ce soir, je me sens plus forte, prête à écrire la suite. Parce que ma psy insiste, il faut que je continue, même si chaque mot pèse une tonne…
    
    C’était un après-midi, je m’en souviens parfaitement. Justine venait de passer des heures à pleurer, terrifiée à l’idée qu’on veuille parler à Vincent. Elle voulait qu’on gère ça entre nous. Mais Patrice ne l’a pas écoutée.
    
    À bout de patience, il s’est levé brusquement, enfilant son blouson avec un regard que je ne lui connaissais pas. « Je vais lui dire le fond de ma pensée et lui mettre une bonne raclée, à ce petit con », a-t-il lancé en claquant la porte.
    
    Une partie de moi était sidérée, mais une autre, plus sombre, jubilait. J’aurais voulu être là, moi aussi. Pouvoir mettre un visage sur ce nom devenu l’objet de nos désaccords. Voir ce salaud payer, ne serait-ce qu’un peu, pour ce qu’il avait fait. Je ...
    ... l’imaginais déjà à genoux, pitoyable, son visage marqué par les coups de mon époux déchaîné. Ce fantasme était presque un soulagement.
    
    Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.
    
    Patrice est rentré quelques heures plus tard, les épaules basses, incapable de me regarder dans les yeux. « Je n’ai pas pu », a-t-il murmuré. Ma déception a été immédiate, froide et tranchante. « Ce gosse… il n’a pas cherché à nier. Il a dit qu’il était prêt à reconnaître l’enfant après l’accouchement sous X. Qu’il voulait prendre ses responsabilités. »
    
    Des responsabilités. Ce mot. Comme si cela effaçait tout. Comme si son offre était noble, ou même acceptable. Je ne sais pas ce qui a pris le dessus à ce moment-là : la colère ou le mépris. Peut-être les deux. Une rage sombre a éclaté en moi, une tempête que je n’avais pas prévue. C’était comme s’il avait osé me voler quelque chose d’autre. Pas seulement ma fille, pas seulement sa jeunesse. Mais aussi notre décision, notre solution. Il s’érigeait en chevalier blanc alors que nous allions abandonner un enfant, comme si cela allait tout arranger.
    
    Ordure manipulatrice, je te hais.
    
    C’est notre anniversaire de mariage. J’avais espéré qu’il s’en souviendrait. Peut-être un mot gentil, un geste. Mais la journée s’est déroulée comme une autre. En fin d’après-midi, il m’a demandé ce qu’il y avait pour dîner. Je ne lui ai pas répondu.
    
    Cela fait plusieurs jours que je n’ai pas écrit. Mais je vois la psy la semaine prochaine, alors… J’ai un peu plus de force ...
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