1. Le Tanga de la Tentation


    Datte: 03/01/2026, Catégories: #réflexion, #psychologie, #érotisme, #initiatique, #volupté, #personnages, #occasion, #masturbation, #Oral, #Collègues / Travail, Auteur: L'artiste, Source: Revebebe

    Il pleuvait quand Éléonore entra dans la boutique. Ses ballerines suintaient à chaque pas et son parapluie retourné ressemblait à une fleur en burn-out. Elle avait visé la friperie par pur réflexe – une échappatoire au déluge, un abri temporaire, et peut-être aussi la promesse d’un trench sec.
    
    L’enseigne, « Choses Cachées », se balançait sous le vent. À l’intérieur, une odeur envoûtante de vieux cuir. Des portants grinçants, des bustes sans tête coiffés de chapeaux oubliés, et, sur une table centrale, un fouillis d’accessoires, de gants, de foulards, de pièces plus intimes, roulées comme des secrets.
    
    Éléonore, encore frissonnante, s’attarda.
    
    Elle n’était pas ce genre de femme. Ses fantasmes étaient soigneusement pliés entre ses livres de philosophie antique et ses horaires de retour tram-bus. Mais là… ses doigts s’égarèrent sur un tanga rouge carmin, à peine plus grand qu’un billet de banque, déposé comme par hasard sur un morceau de velours noir. Une dentelle fine, florale, et au centre, un minuscule fil d’or cousu en spirale.
    
    Il était tiède, comme un souffle entre les cuisses. Elle eut un léger vertige.
    
    — Tout va bien ? murmura une voix.
    
    Elle sursauta, recula, mais la lanière s’était enroulée autour de ses phalanges. Elle rit, un peu nerveusement.
    
    Une demi-heure plus tard, assise sur les toilettes d’une médiathèque encore vide, elle retira sa culotte, enfila le tanga et se redressa. C’est là que la journée bascula.
    
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    La ...
    ... médiathèque ouvrit à dix heures. À dix heures zéro-deux, Éléonore avait déjà réorganisé les réservations du rayon théâtre, remis droit le présentoir sur les bandes dessinées féministes, et classé trois piles de livres avec cette rigueur d’archiviste contrariée qui faisait sa réputation dans les couloirs(et dans certains fantasmes du personnel technique).
    
    Mais quelque chose n’allait pas.
    
    Elle bougeait… différemment.
    
    Le jean n’était pas plus serré que d’habitude. Sa chemise blanche était celle du jeudi, mais son corps, à l’intérieur, vibrait légèrement. Un fourmillement chaud, concentré au creux des reins, irradiait doucement. À chaque pas, elle sentait le tanga caresser, suggérer, soutenir comme un amant discret.
    
    Et puis il parla :
    
    Elle faillit lâcher la pile de Marcel Pagnol.
    
    — Non, murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour le tissu maudit.
    
    Éléonore serra les cuisses. Réflexe ancestral. Mauvaise idée : le tanga en profita pour se lover plus profondément. Elle sentit une chaleur monter, plus précise, plus coupable. Un souvenir sexuel déclenché par accident au mauvais moment.
    
    — J’ai du travail.
    
    La photocopieuse, au fond de la salle, émit un bip sec. L’imprimante lança un gémissement chaste. Elle traversa la pièce. Le parquet crissa. Chaque pas déclenchait une micro-caresse sur ses grandes lèvres, un glissement de satin.
    
    Au guichet, Gaëlle, sa collègue, la regarda avec un haussement de sourcil.
    
    — Tu boites ?
    — Je m’érotise, répondit Éléonore sans ...
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