1. Le club des désespérés


    Datte: 23/11/2025, Catégories: #société, #romantisme, #lieuderencontre, fh, gros(ses), hotel, amour, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... nez, le crayon à la main et, quand il ouvre les yeux, il a une nouvelle vision de ce qu’il doit faire.
    
    C’est sur les yeux qu’il passe le plus de temps, trois jours ou une semaine, il ne compte pas. Sofia n’a pas des grands yeux de Barbie comme son ex, mais, quand elle le regarde, un frisson le parcourt et c’est cela qu’il voudrait reproduire. Comme il n’y a plus de place sur le frigo, il scotche les yeux ratés sur le mur. Il a l’impression que Sofia le regarde travailler en permanence. Son carnet de dessin est trop petit. On ne voit pas assez les détails. Il en achète un plus grand et il recommence. Finalement, sa sirène qui ressemble un peu à Sofia est allongée sur le côté, une main soutenant sa tête. Elle est sur un rocher au milieu de la mer, un peu lascive, avec des algues en guise de coiffure. Elle sourit du coin des lèvres, comme la jeune femme le fait quand elle dit quelque chose d’impertinent. Elle est grosse et séduisante, avec des seins appétissants cachés par des coquillages.
    
    Antoine passe encore une journée à la regarder pour être sûr que son dessin convient. Puis il mange, il se rase, se lave et prend son téléphone.
    
    — Allo ?
    — Akkaouiiii !
    — Oh, toi. Tu te moques. Une nuit, j’ai écouté un podcast de France Culture sur le chant des baleines et c’est ce que j’ai entendu.
    — Je ne me moque pas. Je voudrais pouvoir parler à mon amie en faisant Akkaouiiii et qu’elle traverse l’océan pour me rejoindre. J’ai un dessin à vous montrer.
    — Chouette ! Mais tu as ...
    ... mis longtemps.
    — Combien ?
    — Je ne sais pas, plus d’une semaine.
    — Bon, alors on est pressé maintenant. Je ne veux plus aller au zoo. Tous ces dessins de poissons m’ont donné envie de voir la mer. Demain matin, je loue une voiture et je vous emmène à la mer.
    — Suis-je disponible ?
    — Pardon, c’est la question que j’aurais dû poser.
    — Mais non, tu as compris que j’étais toujours disponible. Pour toi en tout cas.
    — N’oubliez pas votre maillot de bain, Sofia.
    — Tu as mis longtemps à me rappeler, mais c’est encore l’hiver, tu sais ? Je suis horriblement frileuse.
    — J’ai réservé dans un hôtel, avec vue sur la mer et spa. Une seule chambre, vu le prix.
    — Alors je raccroche tout de suite parce qu’il faut que je me rase les pattes.
    — Et les aisselles.
    — Obligé ?
    — Oui.
    — OK, à demain. Dis, demain, tu vas me vouvoyer encore comme un type qui se sent toujours coupable ou on va passer à une nouvelle étape ?
    — Vous verrez, Sofia, je ne sais pas encore.
    
    Dans la voiture, le lendemain, ils se taisent longtemps. Ils sont sur l’autoroute et le paysage ne mérite pas de commentaires. Antoine regarde droit devant lui, il conduit et Sofia jette de petits coups d’œil inquiets sur son profil, ses mains sagement posées sur ses cuisses. Elle porte une robe et des collants, ce qu’elle ne fait jamais et elle se sent encore plus moche et grosse que d’habitude. Quand ils se sont retrouvés en bas de chez elle, elle aurait voulu qu’il dise quelque chose de gentil, mais il a pris son sac de ...
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