1. 0310 Un coup de tonnerre déchire l’horizon.


    Datte: 12/05/2025, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... de le sentir heureux, et je me laisse transporter par sa joie. J’ai l’impression de retrouver le Jérém de Campan, le Jérém enthousiaste que j’aime tant.
    
    « Je suis content pour toi. Et ça se passe bien ?
    
    — Très bien, vraiment très bien. Ça ne fait que quelques semaines que j’y suis, mais je me sens bien, comme à Toulouse. Depuis que je suis à Paris, je ne me suis jamais senti à ma place. Et là, j’ai l’impression d’y être à nouveau. Les gars sont sympas, et le coach aussi. Je me sens bien et je joue beaucoup mieux. Je sais que j’ai tout à prouver une nouvelle fois. Mais là, j’ai l’impression que je vais y arriver. J’ai l’impression de courir enfin dans la bonne direction, Nico ! »
    
    Je le laisse parler et je suis de plus en plus bouleversé par mes sentiments contradictoires. Je suis heureux pour lui, mais aussi triste que nous soyons loin, physiquement, sentimentalement. Je ne sais même pas si nous sommes toujours ensemble. J’ai envie de pleurer.
    
    Je ne sais pas comment ce coup de fil va se terminer, ce qu’il a en tête. J’ai à la fois envie et peur de le découvrir. J’ai envie qu’il me propose de monter à Paris et de fêter ça avec lui. J’ai envie qu’il se cantonne à ça, à me donner ces bonnes nouvelles, et à me dire « à l’un de ces quatre », comme il le ferait avec un pote. J’ai envie d’être à nouveau son Ourson et j’ai envie de continuer à l’oublier. Dans cette tempête d’attentes contraires, les mots me manquent.
    
    « Au fait, je ne t’ai jamais remercié comme il se ...
    ... doit pour ce que tu as fait après l’accident. Tu as été génial, Nico. Tu m’as vraiment sorti de la panade.
    
    — Je ne pouvais pas te laisser tomber.
    
    — Tu aurais pu. Rien ne t’obligeait à mentir et à prendre le risque d’avoir des soucis à cause de moi. Tu m’as sauvé la vie ! Je ne l’ai pas oublié et je ne l’oublierai pas.
    
    — C’était aussi de ma faute, ce qui s’est passé…— Non, c’était de la mienne. J’avais bu et j’avais fumé, et je n’avais pas à prendre le volant. Je n’avais pas non plus à te sortir ce que je t’ai balancé en voiture. C’est moi qui ai provoqué cette dispute. Alors, merci encore.
    
    — De rien, de rien…— Au fait, tu as des nouvelles du gars du scooter ?
    
    — Oui, la Police m’a rappelé quelques temps après pour me dire que « mon » dossier d’accident était clos sans poursuites, car il était en tort. Et ils m’ont dit aussi que son opération au genou s’est bien passée, qu’il fait de la rééducation et qu’il devrait le retrouver presque comme neuf…— Je suis soulagé, vraiment. Tu peux pas savoir comment je m’en suis voulu de l’avoir blessé…— Tu n’as pas tous les torts, il a quand-même grillé une priorité…— Nico…— Quoi ?
    
    — Samedi prochain l’équipe joue à Pau. Je ne serai pas titulaire, mais je serai du voyage. »Je commence enfin à entrevoir où il veut en venir. Mon cœur s’emballe, et je sens une immense et irrépressible joie teintée de panique m’envahir.
    
    « J’aurai deux jours de repos après et j’ai prévu de les passer à Campan. »Rien qu’en entendant le mot « ...
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