-
Réfugiées
Datte: 30/03/2025, Catégories: fh, pénétratio, init, journal, mélo, initiat, Auteur: Loaou, Source: Revebebe
... insuffisant. J’ai gémi en serbe, submergée de sensations. J’ai senti avec un plaisir indescriptible qu’il me fécondait, que je pouvais espérer avoir le statut de Katryna. J’ai pleuré de l’avoir perdue et du bonheur de prendre sa relève. Un peu plus tard, nous regagnons la cuisine. Je lui donne instinctivement la main, mais la lâche avant d’entrer. Sylviane y est seule, Dušica est sortie sur le banc du jardin : elle profite du ciel étoilé, elle est ailleurs. — Vous y avez mis le temps ! se moque Sylviane. J’en conclus que c’était agréable. — Première expérience, m’excusé-je rougissante. Beaucoup pour découvrir. Peur aussi. — Ah ? s’étonne Sylviane. Tu as pourtant vingt-deux ans ! Je lui répète ce que j’avais expliqué à Franck. — Et alors, tu en penses quoi ? demande-t-elle avec un sourire goguenard. — C’est… très bien. Et j’espère que ça va faire, ajouté-je en posant la main sur mon ventre. — Oh, je ne m’inquiète pas trop : c’est moi qui ne peux pas avoir d’enfants, on a fait bien assez de tests pour savoir que tout va bien chez lui. — Quand même. Il faudra faire encore. Sylviane éclate de rire : — Oui oui, je comprends ! C’est comme ça au début. On découvre que c’est très agréable et on ne ferait que ça toute la journée. Mais ça passe assez vite. Et ça fatigue, aussi. Elle nous pousse dans le couloir : — Retournez-y donc un peu avant que Dušica ne réclame son tour. Vas-y, Sofya, fatigue-le bien, qu’il dorme ce soir ! — Sylviane ! Enfin ! ...
... récrimine Franck. — Tatata, tu le fais plus volontiers que la cuisine ou le ménage, et tu regrettais que j’en veuille pas assez, alors profites-en, quoi ! * * * C’était il y a presque vingt-cinq ans. Mère et moi sommes rentrées au pays, nous nous sommes installées chez ma tante. Mère n’a pas enfanté, mais j’ai donné la vie à mon fils, Srba, qu’elle m’a aidé à élever. Le premier garçon né au nouveau village ! Chaque fois que je lui donnais le sein, je pleurais du bonheur de le serrer contre moi et de tristesse en souvenir de Katryna. Un peu moins de deux ans plus tard, j’épousais Čedomir, venu aider à reconstruire, qui faisait sauter Srba sur ses genoux comme s’il était son fils. Nous avons eu Tijana puis Blagomir. Tous les trois sont grands maintenant et leurs chambres sont vides. Alors, nous accueillons deux réfugiées d’Ukraine. J’ai ainsi l’impression de pouvoir donner ce que j’ai reçu. Tout cela a aussi fait ressortir beaucoup de souvenirs que je peux maintenant approcher avec plus de sérénité. Malgré notre envie, nous n’avons jamais revu Sylviane et Franck. Et je n’arrive pas à décider si je pourrai accepter que Čedomir leur donne ce que Franck m’a donné, si elles le demandent. ______________________________ 1.↑ Cette scène atroce était rapportée dans un livre que j’avais lu à l’époque. Elle n’est qu’un exemple des monstruosités qui ont été faites par milliers en Yougoslavie. Ces horreurs m’ont été confirmées par Čeda, un homme extraordinaire, un ami ...