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Deux femmes de lettres
Datte: 22/03/2025, Catégories: fh, ff, fbi, fplusag, extracon, médical, nympho, laid(e)s, hotel, voyage, amour, dispute, nonéro, poésie, portrait, historique, chronique, historiqu, Auteur: OlgaT, Source: Revebebe
... Prusse, la Russie, l’Angleterre et Madame de Staël ». Rentrée en France après l’abdication de 1814, elle ne s’opposa pourtant pas au soutien que Benjamin Constant apporta à l’empereur lors des Cent Jours, lorsqu’il rédigea « l’Acte additionnel aux Constitutions de l’empire. » Germaine reprit ses salons. Devenue dépendante à l’opium, sa santé se dégrada rapidement et elle mourut le 14 juillet 1817. Des nombreux amants de Madame de Staël, le plus célèbre fut Benjamin Constant (1767-1830), le grand penseur libéral. Le couple fut l’un des plus célèbres de l’histoire littéraire, un peu comme le sera, au XXe siècle, celui que formèrent Sartre et Beauvoir. Constant et Madame de Staël se détestèrent aussitôt au moins autant qu’ils se fascinèrent. Leur amour romantique prit la forme d’une longue rupture. Vaudois et protestant comme elle, Constant ne pouvait vivre qu’à Paris. Ensemble, ils entreprirent, de fin 1803 au printemps 1804, un long et romantique voyage en Allemagne, décisif pour l’œuvre littéraire de Madame de Staël. Mais la volonté de tout régenter de Madame de Staël, et les tromperies de Benjamin Constant, firent qu’ils se séparent, mettant fin à une liaison qui aura duré près de quatorze ans, après une demande en mariage que Madame de Staël refusa. Germaine eut une ultime liaison avec un jeune colonel Albert de Rocca (1788-1817). Rocca rencontra, au printemps 1811 Germaine de Staël, qui, exilée de Paris par Napoléon, résidait dans son château de Coppet. ...
... Après avoir échangé avec lui une promesse de mariage en mai 1811, Madame de Staël mit secrètement au monde, le 7 avril 1812, un fils baptisé Louis-Alphonse Rocca. Elle avait alors près de quarante-six ans, ce qui était tout à fait exceptionnel à cette époque ! Germaine n‘était certes pas belle, elle manquait de grâce et d’élégance et, pourtant, elle ne cessa de séduire de jeunes hommes intelligents, beaux parfois. Parmi les autres amants de la femme de lettres, on cite aussi Prosper de Barante (1782-1866) écrivain et homme politique, dom Pedro de Souza, un diplomate portugais, le comte autrichien Maurice O’Donnel (1780-1843). Bref, Germaine avait du tempérament, capable de séduire des hommes bien plus jeunes qu’elle ! J’en terminerai en évoquant les relations entre Germaine de Staël et la belle Juliette Récamier (1777-1849), elle aussi femme de lettres, l’une des « trois Grâces » du Directoire avec Joséphine de Beauharnais et Madame Tallien. Germaine et Juliette avaient en commun un mari plus âgé, qu’elles respectaient, mais pour qui elles n’éprouvaient aucun sentiment. Leurs vrais points communs furent les salons intellectuels dont elles étaient les reines et l’opposition à Napoléon, qui leur vaudra l’exil. Germaine et Juliette furent, l’une et l’autre des séductrices. Elles furent aimées, l’une et l’autre, par Benjamin Constant. Bien des choses les différenciaient cependant. Juliette fut réputée être la plus belle femme de son temps, alors que Germaine, qui ...