1. Nuru et Ikea


    Datte: 21/03/2025, Catégories: fh, ff, voisins, occasion, Auteur: Femmophile, Source: Revebebe

    ... dulcinée. Barrière de corail, kangourous et grands espaces versus province étriquée, avenir incertain et parentshas-been, la messe était dite. Parti, le môme… Restaient les monteurs Ikea.
    
    Sans vouloir passer pour plus graveleuse que nécessaire, on reconnaît qu’après un an on fête les noces de coton, après quinze ans celles de cristal et ainsi de suite. Pour nous, ce furent rapidement les noces de marmotte, c’est-à-dire vingt ans dans le même trou. Mammifères des montagnes et meubles suédois, unissez-vous en cette poétique métaphore…
    
    Là encore, la logique fut respectée, il s’ennuyait à mon contact et moi au sien. Un bavard de la place, grassement rémunéré, fit en sorte de rompre officiellement cette mal-union et de restituer à chacun une once de liberté.
    
    J’avais quarante-quatre ans, un emploi stable, des culottes en coton blanc, un abonnement àTélé 7 Jours et un autre àFrance-Loisirs. Peu sportive, je me mis à courir, puis, sur les conseils de collègues en phase avec leur temps, à fréquenter un fitness. J’y pris goût, mon corps se réveilla, mon cul se raffermit et mes cuisses aussi, j’eus même droit à quelques commentaires élogieux sur ma silhouette qui me laissèrent dubitative, mon ex-mari ne s’étant jamais risqué à pareil compliment déplacé. La marmotte, c’est un rongeur qui hiberne un peu plus de cinq mois. Née sous le signe de ce charmant mammifère alpin, ma vie post-mariage débuta par une longue hibernation, durant laquelle nul meuble suédois ne nécessita ...
    ... l’introduction d’une quelconque tige dans un orifice idoine… Deux ans, soit vingt-quatre mois ou encore deux calendriers complets. Rien. Le Sahel des sens, « électrodésirogramme plat », muqueuses de l’entrecuisse déjà victimes du réchauffement climatique, car objet d’une intense sécheresse.
    
    Heureusement, mon boulot me plaisait, mes collègues me charriaient en me disant qu’une belle femme comme moi ne devait demeurer en dehors des plaisirs de la vie, on m’invitait parfois, on me draguait même, ce qui me sidérait, pensant qu’à quarante-six printemps je n’avais plus qu’à attendre la ménopause, fermer la boutique et me mettre au tricot. J’appris plus tard que mes tenues vestimentaires communiquaient parfaitement ce triste message.
    
    L’appartement conjugal ne me convenant plus, je décidai un beau jour de déménager pour un quartier plus animé de notre paisible cité. Agence immobilière et requins agressifs, marchandages façon souk(faut pas prendre l’experte-comptable pour une conne…), le bien fut fourgué à bon prix, mon ex co-monteur Ikea reçut sa part.
    
    Au printemps, quand refleurissent les parterres et que se réveillent les marmottes, j’emménageai dans un joli T3 quasi neuf, lumineux, que je fis équiper à ma convenance. Le jour de l’emménagement, je fis plus ample connaissance avec mes voisins, un jeune couple d’enseignants déjà croisés plusieurs fois lors des visites pendant les travaux d’aménagement, qui proposa son aide pour les derniers cartons.
    
    Lui, Julien, prof de maths et ...
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