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Nuru et Ikea
Datte: 21/03/2025, Catégories: fh, ff, voisins, occasion, Auteur: Femmophile, Source: Revebebe
Née tout au début des années soixante-dix, j’ai grandi en fille unique au sein d’une famille ouvrière, dans une ville de moyenne importance. Père cheminot, mère infirmière-assistante, je n’ai jamais manqué de rien. Mes parents se sont sacrifiés pour que je puisse faire des études, mais, curieusement, ont toujours refusé que je m’inscrive à l’université. En effet, à leurs yeux, ce lieu n’était qu’un repaire d’ex-barbus porteurs de chemises à fleurs, rescapés de mai 68, et l’université tout entière, un gigantesque baisodrome, épicentre de la débauche sexuelle, où l’on pouvait encore commercer et consommer des « cigarettes parfumées »(dixit mon père). Je dus me plier aux volontés de mes géniteurs et renoncer aux délices de la vie estudiantine telle que me la relataient mes amies. En lieu et place, on m’inscrivit dans une coûteuse école de commerce privée ou, paraît-il, ne régnait pas la chienlit si chère au grand Charles, ladite école intégrant dans son corps professoral des « chefs d’entreprise et des capitaines d’industrie ayant fait leurs preuves, et pas des gauchistes intellos qui vous perturbent le cerveau avec des histoires de cul », selon la vision paternelle. J’en sortis diplômée comme experte-comptable après quatre ans de labeur strictement encadré, ne laissant guère de place aux divertissements et sorties pourtant bien agréables à cet âge. Mes camarades de promo issus de bonnes familles avaient, eux, les moyens de s’offrir des week-ends « festivo-amoureux », ...
... moi pas. Malgré un petit boulot du week-end, jamais je n’aurais eu de quoi aller passer deux jours au bord de la mer, n’ayant de toute façon pas les moyens d’entretenir une voiture. Mes expériences avec le sexe opposé s’en trouvèrent réduites à pas grand-chose, et il n’était de toute façon pas question que je ramène un garçon à la maison, sauf à jurer que c’était le bon et parler mariage. Ce qui devait arriver arriva, à vingt-quatre ans, je rencontrai un jeune homme assez gentil qui se montra doux lors de notre première nuit, et de toutes les autres puisque, six mois plus tard, nous étions fiancés, et mariés au deuxième semestre. Notre fils naquit deux ans après avoir convolé en justes noces, et la routine débuta sans que j’en fusse vraiment affectée puisque mes points de comparaison étaient inexistants. Je connus ainsi, à défaut d’autre chose, ce que je qualifie aujourd’hui d’amour Ikea : insérez la tige A dans le trou B et enfoncez-la jusqu’au bout. Du standard, pas de surprise, la même armoire remontée durant quinze ans selon le même mode d’emploi, au chronomètre : tige A, trou B, soupir, éjaculation, dodo. Quant à l’idée de changer de réceptacle, jamais elle n’effleura l’esprit de mon conjoint, pas plus que l’audace de changer la tige ne me tenta. Nous n’avions rien d’un couple d’aventuriers, l’orgasme devait pourtant en être une belle, d’aventure… Notre fils unique grandit et, à vingt ans, prit son envol pour aller s’installer en Australie, terre native de sa ...