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Cœur de cible
Datte: 05/03/2025, Catégories: f, fh, ff, amouroman, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... la poitrine plutôt haute et je sais la faire pigeonner de manière convaincante quand il faut. Dans ces conditions, comment expliquer que je me trouve seule depuis un an environ ? Je n’ai plus de régulier. Quelques aventures express, pour l’hygiène, mais sinon : calme plat. Le boulot bien sûr explique, en partie, cette situation. Tableau identique pour Olivier, depuis la même période. Tout aussi incompréhensible comme situation. À moins que le couple virtuel que nous formons n’éloigne naturellement les occasions. Mais la mission qu’il vient d’effectuer en Pologne pendant plusieurs mois nous a tenus éloignés. Nous avons correspondu régulièrement, découvrant l’angoisse de la virtuelle page blanche, l’impatience du retour, la déconvenue de la boîte mail vide lorsque la réponse tarde. Mais nous nous sommes téléphoné bien souvent. Olivier est définitivement rentré de l’étranger il y a dix jours environ. Son retour a été une véritable fête pour moi. oooOOOooo Ce matin, les petites remarques gentiment insidieuses de l’animateur télé me reviennent et je réalise certains détails. Ainsi, l’annonce du retour définitif d’Olivier en France m’avait mise en joie, mais également, j’en prends conscience aujourd’hui, extraordinairement soulagée. Soulagée de quoi ? Quel poids cette annonce m’avait-elle enlevé ? Celui de ma solitude que le retour d’un ami véritable aurait comblé ? La perspective de soirées resto joyeuses(avec Olivier, les soirées sont toujours gaies), ses ...
... talents de réparateur malin pour me dépanner lorsque je fais des bêtises dans ma cuisine ou sur mon ordi ? Ou encore, sa disponibilité constante pour me remonter le moral quand j’ai un coup de blues ou simplement lorsque je n’ai pas envie de me faire une toile en solitaire ? Toutes ces petites choses qui ont toujours fait de lui un irremplaçable ami fidèle ? Il me revient aussi ma frustration de ne pas l’avoir serré longuement dans mes bras quand j’étais allée le cueillir au petit matin à l’aréoport, comme dit Trudie(ma collaboratrice, irlandaise, comme son prénom ne le laisse pas supposer !). Dans le hall d’arrivée, je m’étais mise à sautiller comme une puce et à agiter les bras en l’air dès que je l’avais aperçu. Une vraie gamine ! Mais quand il s’était trouvé près de moi, bisous-bisous furtifs« Bonjour, tu vas bien ? Tu as fait bon voyage ? » : toujours la même retenue entre nous, le minimum de contact. C’est clair pourtant que j’avais l’envie de l’étreindre, de lui ébouriffer la tignasse, de le bousculer gentiment. De le cajoler en fait, de lui faire comprendre combien j’étais heureuse de le revoir. Mais non, minimum syndical. Je n’avais pas osé. Dix jours donc depuis son retour. Hier soir, Olivier est venu chez moi, nous nous sommes offert une soirée pyjama. Cela nous arrive assez régulièrement : petit dîner – soirée DVD – dodo en copains. Lui, tee-shirt, caleçon et pantalon de survêt(qu’il quitte pour dormir), moi, veste d’un infâme pyjama rayé style pensionnaire de ...