1. Cœur de cible


    Datte: 05/03/2025, Catégories: f, fh, ff, amouroman, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe

    ... sienne. Je n’ose pas bouger, pas parler. Longtemps. Tout à coup, Olivier réagit, se lève brusquement. Je l’imite.
    
    — Bon, sacrée claque ! J’ai été le dindon de la farce ! Enfin… si on peut appeler ça une farce. Non, mais tu le crois ? Je ne suis qu’un citoyen lambda et je me retrouve dans un James Bond. Tu le crois, ça ?
    — Je reconnais que c’est fort de café. Je ne suis pas sûre que j’oserais utiliser de pareilles ficelles dans mes « bluettes ». Mais j’en connais certains, je ne citerai personne, qui utilisent des artifices encore plus gros pour se dépatouiller de situations périlleuses… Manque d’imagination en fait !
    
    Moue dubitative d’Olivier. Il me toise, fronce les sourcils :
    
    — Et toi, dans tout ce cirque ?
    
    Oups ! Là, je suis dans mes petits souliers bien que je sois pieds nus. Mais bon, je lui explique, Trudie d’abord, sa copine hackeuse, l’enquête officielle transmise à la DGSE.
    
    — Tu m’en veux ? je demande, toute contrite.
    
    Vague sourire. Haussement d’épaules.
    
    — Même pas, Carole, tu as bien fait. Tu as très bien fait. Je devrais te dire merci… D’ailleurs, je te dis un grand merci !
    
    Nous sommes debout, face à face, je n’attends qu’une chose : qu’il m’embrasse !
    
    J’en tremble, je m’affole ! Si là il ne m’embrasse pas, je fais pipi dans ma culotte. Bon… s’il m’embrasse… itou ! Sûrement !
    
    Il se recule, doucement, affiche un petit sourire navré.
    
    — Excuse-moi Carole, j’ai besoin de me remettre les idées en place avant de…
    
    J’acquiesce : bien ...
    ... sûr que je comprends. Je comprends, mais je me dis aussi qu’il ne faudrait pas qu’il attende dix ans « avant de… »
    
    — Je sais que ce n’est pas vraiment l’heure, mais là, j’aurais bien besoin d’un scotch !
    
    Pas l’heure ? Oh ! Tu plaisantes ? Il est déjà… huit heures quarante-sept quand même !
    
    — Et un p’tit noir avec, c’est possible ?
    
    Je lui sers son whisky(mais je range la bouteille – des fois que…). Je lui prépare volontiers un double expresso d’enfer(ça masquera le goût de l’alcool si… enfin quand…), expresso que je dépose sur la table du salon avant de passer dans la salle d’eau(j’ai réussi à me retenir jusque-là, mais il y a des limites à la continence !). Je l’entends passer un coup de fil, son job sûrement : « … pas bien… fiévreux… mal foutu… Demain, oui… »
    
    « Top ! Je l’ai pour moi toute la journée ! Yahoo ! »
    
    Du coup, je me regarde dans la glace : jean-polo, pas super top comme tenue. Je fouille dans mon dressing : une petite jupe plissée, raisonnablement courte, un chemisier deux boutons(à ouverture facile donc !), diaphane, ample et dont le tissu gaufré masque plus ou moins mes tétons. Slip ou pas slip ? Slip ! Après tout, je suis une « hétéro coincée » ! Enfin…
    
    J’ai droit à un petit sourire appréciateur lorsque je reviens au salon. Je constate, surprise, qu’il n’a pas touché au pur malt.
    
    — C’est un peu tôt tout de même ! avoue-t-il, mais un autre café, je ne dis pas non.
    
    Retour à la cuisine ? J’en profite et tournicote vivement trois fois sur ...
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