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La danse des abysses
Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe
... branle les travers de notre société, textes qui disséquaient les relations entre les humains depuis leurs relations amoureuses, sexuelles, politiques et éthiques. La musique, sorte de fusion jazz-rock, pop et musique orientale, était très novatrice et se jouait des codes, les morceaux avaient une structure complexe en proposant des rythmes composés et parfois jouait avec les harmonies en allant puiser des accords septièmes pour se décaler immédiatement sur des accords neuvièmes donnant une impression de flottement. L’idée était que les auditeurs aient toujours l’impression d’être en déséquilibre, comme s’ils marchaient sur le fil du rasoir. La musique était en adéquation avec les textes, aiguisés comme des couteaux, tranchants comme des lames de rasoir. Le son était clair et puissant, on pouvait discerner tous les instruments, il suffisait que l’on prête une oreille à peine plus attentive pour bien cloisonner un instrument d’un autre. La bande-son était parfaitement synchronisée aux images des écrans géants – ce qui permettait aux spectateurs dans le fond de la salle de ne rien perdre du spectacle. Le chant de Lopesa était à l’apogée de son art, elle arrivait à faire le silence de sa voix cristalline et arracher les larmes aux yeux des spectateurs les plus endurcis, il y avait une communion des âmes comme seule la musique peut nous offrir. La prestation scénique était d’une violence inouïe, qui mettait à mal les valeurs judéo-chrétiennes. Qu’il soit interprété ...
... dans un pays musulman, chrétien ou dans un pays de multiples communautés, le show se moquait des convenances, quitte à offusquer et à indigner. C’était une interprétation des orgies romaines, il avait été imaginé pour choquer les consciences, sûrement pour mieux dénoncer les valeurs morales complètement hypocrites de notre société. Si le tout donnait une impression de grand bazar, de grand branle-bas, il n’en était rien, tout était calculé au millimètre près. Les musiciens savaient exactement où se placer et à quel moment s’y trouver. Les effets pyrotechniques étant dangereux pour les occupants de la scène, une certaine concentration(pourtant mise régulièrement à mal par l’alcool qui coulait à flots dans les gosiers comme de l’eau) était nécessaire. Il régnait une telle chaleur dans les concerts de Niaga Drusba que les services hospitaliers en sus des services de police et de sécurité étaient en branle-bas de combat. La ville qui accueillait le concert – et plus précisément ce dernier concert avant la trêve estivale – était comme retenue, comme dans un souffle en suspens. Le matin était le dernier moment où la vie des habitants se déroulait de façon ordinaire. Puis, dans l’après-midi, avec l’arrivée en masse des spectateurs, la ville se mettait en berne, fermait ses portes, et les magasins, leurs vitrines, au contraire des cafés et bistrots qui en une journée faisaient leur chiffre d’affaires d’un mois. C’était toute une économie à laquelle Lopesa n’avait aucune ...