1. La danse des abysses


    Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... présence d’un homme qui souffre.
    
    Et je ne sais si c’est lui ou moi qui fit le premier pas mais dans cet élan de tendresse, nous échangeâmes un baiser. Un baiser.
    
    Nos langues ne mirent que peu de temps pour se trouver, s’apprivoiser et enfin danser. D’abord timide, notre baiser avait la douceur du miel, nos lèvres s’entrouvraient à peine ne laissant le passage qu’au bout de la langue. Puis, comme si un feu vert s’était allumé, nos bouches s’acceptèrent enfin et la passion nous dévora, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire.
    
    Nos mains devinrent baladeuses, tumultueuses et très vite mes vêtements devinrent chauds à tel point qu’il me fallut les enlever, je constatais que le caleçon de Hazeel était déjà au sol. Nous oubliâmes pour la première fois de notre vue, notre raison de vivre, notre centre d’intérêt. Nous nous oubliâmes nous-mêmes.
    
    Cette nuit-là, Romuald et moi fîmes l’amour, l’amour avec un grand A. Ma première expérience homosexuelle fut donc expérimentée avec l’homme que je haïssais le plus au monde tandis que dans la pièce juxtaposée, s’endormait à jamais la femme que j’aimais.
    
    Elle ne se réveilla pas de ses rêves stupéfiants, le poison qui coula dans ses veines, poison de toxique mais aussi venin de sa vie, la folie qui jamais ne dort avait gagné une nouvelle fois son combat et avait terrassé l’adversaire le plus coriace qu’elle eût jamais dû combattre.
    
    Messaline n’avait plus rien à donner, elle n’avait donc plus de raison de supporter tous ...
    ... les sacrifices qu’elle faisait pour son public d’anonymes. Peut-être a-t-elle baissé les bras face à ce terrible adversaire qu’est la drogue, peut-être n’avait-elle plus de raison de se battre et cela lui a été fatal.
    
    Avec le recul des années qui sont passées depuis ce maudit été, le seul réconfort que j’y trouve est celui que Messaline soit enfin débarrassée de ses démons(même si, pour le coup, c’est plutôt Lopesa, son démon intérieur qui s’est débarrassé d’elle), au moins ne souffre-t-elle plus.
    
    Hazeel, tel l’ange déchu sombra de nouveau dans ses travers(en est-il jamais ressorti ?) mais les psychotropes loin de fluidifier son imaginaire ce coup-ci lui interdirent l’accès. La boîte de Pandore fermée, les compositions du grand guitariste furent les plus exécrables de sa carrière. Après avoir touché le soleil, la chanson de fin signée Lopesa, comme en prémonition de sa chute, revint à nos oreilles :
    
    What a fantastic death abyss !
    
    Quelle fantastique chute abyssale… !
    
    L’histoire que je vous ai contée finit par la mort des deux demi-dieux(l’une physique, l’autre spirituelle) et l’espoir du mortel… Leurs lumières avaient trop brillé, si intensément que les Dieux s’en étaient offusqués.
    
    La mort brutale de Messaline doit vous choquer mais la mort nous surprend toujours, elle arrive quand elle le désire, elle ne prévient pas. La grande faucheuse avait décidé de venir chercher Messaline tandis que les deux points de la base du triangle convergeaient pour ne faire plus ...