1. La danse des abysses


    Datte: 02/03/2025, Catégories: hh, bateau, amour, jalousie, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... une délicieuse mélodie en picking qui m’enchanta tel le chant des sirènes, je n’étais plus capable de véhémence envers lui.
    
    Je pense que ce fut à ce moment précis que mon regard changea. Cet homme pour lequel je nourrissais une détestation proche de la haine, cet homme pour lequel je ne voyais en aucune sorte la moindre qualité d’homme s’ouvrit ce matin, ce midi ou cet après-midi-là, quelle heure était-il ? Nous avions perdu toute notion du temps.
    
    C’était la toute première fois où nous parlions sincèrement sans jouer un rôle, nous déposions nos carapaces, nos armures et nos déguisements pour être vrais parce qu’un sujet nous donnait l’exigence d’être vrais, ce sujet c’était Messaline.
    
    Hazeel redevint pour la première fois devant moi Romuald, il avait l’intention de découvrir le jardin secret de notre belle, d’en savoir un peu plus que ce qu’elle lui avait offert. Pour Romuald, seule son ombre, moi, pouvait le renseigner.
    
    La drogue ayant trop attaqué son cerveau, je ne pensais pas mon interlocuteur capable d’avoir la longue conversation qui s’ensuivit.
    
    Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre qu’il me jalousait, qu’il aurait tant voulu avoir la même relation que j’entretenais avec Messaline qu’il en avait d’avec Lopesa. J’étais le gardien des secrets de Lopesa, je connaissais toutes les faces, même celles qu’elle cachait aux autres. Je ne doutai pas qu’il fut sincère, il y avait une véritable compassion, une empathie que je ne lui croyais pas capable, l’ayant ...
    ... toujours considéré comme le pire des égocentriques et il ne parla à aucun moment de lui, c’était une première, il me parla et me questionna uniquement sur Lopesa. Je fus abasourdi de comprendre qu’il ne connaissait rien d’elle jusqu’à son véritable prénom et il en souffrait. Lopesa n’offrait que son corps et c’était bien la seule chose que Messaline me refusait…
    
    Je n’en revenais pas, j’étais face à un homme sensible qui doutait de lui, ce n’était plus du tout ce grand personnage, c’était monsieur tout le monde, même ses tatouages semblaient s’être défraîchis, délavés comme s’ils étaient en communion avec l’homme qu’ils recouvraient. C’était presque gênant, moi, un homme bêta devant jouer non pas les confidents mais une simple oreille attentive avec un mâle alpha. J’étais conscient que cela ne devait pas être facile pour lui de quitter cette enveloppe de dessins, cette couverture qu’il avait posée sur lui-même de façon permanente, les tatouages étaient indélébiles et le rattraperaient tantôt, mais il avait réussi à échapper à la vigilance de ce cerbère, ce chien qui l’enfermait dans son enfer, et qui l’empêchait d’en sortir.
    
    Jamais une confusion ne m’avait à tel point trahi, j’étais enclin à détester cet homme avec plus de raison qu’il n’en faut et je me surprenais à avoir une compassion envers lui, une compassion non feinte. Il me touchait au plus profond de mon cœur, il me retournait la tête, il ne faut jamais être trop prompt à juger de quelqu’un.
    
    Se pouvait-il que ...
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