1. Le pouvoir de l’oubli


    Datte: 11/02/2025, Catégories: fh, fhh, boitenuit, amour, humilié(e), jalousie, dispute, mélo, extraconj, cocu, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... mais quoi dire ? Des banalités, quelques mots, sans élever la voix ni lui reprocher sa conduite. Comme me l’a conseillé le médecin, ne pas lui parler de ses amis, elle ne sait pas qu’ils sont morts ni que Laura, dans le coma, ne se réveillera peut-être jamais.
    
    Elle m’écoute, hoche la tête et me sourit :
    
    — Vous êtes gentil ? Qui êtes-vous ?
    — Tu ne te souviens pas ?
    — Je ne sais pas qui je suis. Le docteur m’a dit que je m’appelais Claire. Il m’a expliqué que j’ai perdu la mémoire dans un accident. Je peux ne jamais la retrouver. Pourquoi venez-vous me voir ?
    — Claire, je suis ton mari, nous vivons ensemble.
    — Ah ! … Vous n’êtes pas blessé. Si vous êtes mon mari, pourquoi n’étiez-vous pas dans la voiture avec moi ?
    — C’est une longue histoire.
    
    Elle semble réfléchir à cette nouvelle situation qui la perturbe :
    
    — En sortant d’ici, je serais obligée d’aller vivre chez vous ?
    — Chez moi, c’est aussi chez toi.
    — Chez moi ? Je ne sais plus où c’est, chez moi.
    
    Elle semble perdue dans ses pensées. Je me demande si les ...
    ... mots ont encore un sens pour elle. Elle sourit toujours, ferme les yeux et se rendort.
    
    Une infirmière entre :
    
    — Elle dort, c’est bien. Il faut la laisser se reposer si vous voulez lui donner une chance de guérir.
    — Puis-je rester auprès d’elle ?
    — D’accord, pas trop longtemps.
    
    Elle me laisse seul avec Claire, je suis devenu un étranger pour elle. Je la regarde sans vraiment la reconnaître. Elle n’est plus la Claire que j’ai épousée, mais surtout plus la Claire qui m’a trompé, plus la salope de la soirée avec Laura et ses amis.
    
    Je me sens complètement perdu, la tête vide, aussi vide que la sienne. J’ai de la peine pour elle. Que va-t-elle devenir ? Je ne peux pas l’abandonner.
    
    Me rappelant nos années de bonheur, je rapproche mon fauteuil de son lit. Je lui dis tout ce que j’ai sur le cœur, ma colère, ma tristesse, ma déception, mon amour. J’aimerais qu’elle ne retrouve jamais la mémoire, j’aimerais comme elle pouvoir tout oublier.
    
    Lui prenant la main, je dépose un baiser sur son front :« Claire, repartons à zéro ». 
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