1. La der des ders


    Datte: 28/01/2025, Catégories: fh, couple, amour, caresses, mélo, nostalgie, historique, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... espiègles, se chamaillaient sans cesse, se tiraient les cheveux, et si Lison avait le malheur de faire une réflexion, comme tous les enfants elles se liguaient contre elle. Albert leur pardonnait tout au grand dam de Lison qui aurait bien aimé que son mari soit un peu plus ferme avec elles.
    
    Les enfants ont grandi. En entrant au collège, crise de l’adolescence, leur fils Charles-Henri avait décrété ne pas aimer son prénom, il laissa tomber Charles, « Henri c’est mieux, non ? » avait-il déclaré d’un ton péremptoire. À cet âge, pourquoi le contrarier ? Lison pensa « va pour Henri ! ». L’habitude fut vite prise dans la famille, on oublia Charles.
    
    Depuis que l’eau s’est retirée, la vie à Paris est redevenue insouciante, malgré les nombreux travaux pour assainir les rues, vider les égouts et remettre le métropolitain en état. Comme si les Parisiens, frustrés de ne pas avoir pu sortir pendant un mois, voulaient rattraper le temps perdu.
    
    Dès qu’ils le peuvent, Lison et Albert profitent des plaisirs de la capitale. Aux beaux jours, ils font de longues promenades main dans la main dans le jardin du Luxembourg ou aux Tuileries. Lison aime flâner sur les Grands Boulevards, s’attardant devant les vitrines, regardant les toilettes des belles dames. De temps en temps, ils vont danser au Café-concert du Bataclan. Parfois, mais c’est plus rare, Albert emmène Lison au théâtre, aux Variétés, à la porte Saint-Martin, rire aux vaudevilles de Courteline ou de Feydeau.
    
    Une fois, une ...
    ... seule, Albert est allé avec ses collègues au Tabarin. Trop prude, Lison ne les a pas accompagnés. Une revue avec des femmes nues, enfin quelques danseuses avec les seins à l’air. À son retour, elle l’a un peu taquiné, mais en a bien profité, leur nuit a été courte.
    
    Certains soirs, ils invitent leurs amis Fernand et son épouse Marguerite à dîner. Invitation immédiatement rendue par Marguerite la semaine suivante.
    
    Pour leur anniversaire de mariage, en ce jour de 1913, Albert a voulu faire plaisir à sa femme. Depuis quelque temps, il la voyait s’arrêter sur les boulevards devant les colonnes Morris, attirée par les affiches des ballets russes de Diaghilev. Lison rêvait. Albert lui a fait la surprise, deux places au Théâtre des Champs-Élysées pour le ballet d’Igor Stravinsky « Le sacre du printemps » présenté en première mondiale. Pas de places au parterre, non, beaucoup trop chères, mais au second balcon, de face, Albert pense être tout de même bien placé.
    
    Lison s’était faite belle. Elle avait ressorti une robe qu’elle avait créée il y a plusieurs années, avec quelques retouches, c’était parfait. Albert, lui, paraissait engoncé dans son costume de mariage, son seul costume. Après un petit dîner en amoureux dans un restaurant du quartier, ils avaient pris le métro pour atteindre le théâtre en bas de l’avenue Montaigne.
    
    Dès le hall, Lison était émerveillée. Les lumières, la musique d’ambiance, les belles robes, tout la fascinait. Albert, un peu mal à l’aise dans ce milieu ...
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