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La der des ders
Datte: 28/01/2025, Catégories: fh, couple, amour, caresses, mélo, nostalgie, historique, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe
... oublié que pendant quatre ans, ce sont les femmes qui cultivaient les champs, les femmes qui faisaient tourner les usines et qui élevaient leurs enfants. La guerre est finie, chacun doit retrouver sa place. Par une amie, ancienne couturière comme elle, Lison trouve un travail dans une coopérative ouvrière à Belleville. Là où Jean Jaurès prononçait des discours enflammés pour empêcher la guerre, avant qu’il ne se fasse assassiner. Une heure de trajet tous les jours ! Mais avec le métro, c’est pas trop fatigant. Au mois de juillet suivant, la paix ramène le Tour de France cycliste. Le départ est donné à Argenteuil, pas trop loin de Paris. Lison y emmène Albert. Elle le tient par la main, le guide entre les stands. Il ne voit rien, mais il entend, il sent l’ambiance, cela lui suffit. Les yeux tournés vers le ciel, il affiche un sourire béat, comme un enfant le jour de Noël. Lison est heureuse, depuis son retour, c’est la première fois qu’elle le voit aussi insouciant. Deux jours après, elle lui fait cadeau d’un petit poste TSF qu’elle pose sur le buffet entre le compotier et la photo de leur mariage. Tous les jours, elle retrouve Albert l’oreille collée au haut-parleur qui grésille, pour écouter les résultats du jour. Le soir, Lison préfère écouter un jeune chanteur, Maurice Chevalier, dont les chansons la font rêver. Albert espère aller au parc des Princes pour l’arrivée du tour, mais Lison n’est pas rassurée, il y aura trop de monde. Albert suivra la course sur son ...
... poste qu’il n’arrête pas de régler, toujours à la recherche de nouvelles émissions radiophoniques. Il n’est pas trop déçu, les Français sont battus par un Belge, Philippe Thys, pour la troisième année consécutive. Un dimanche, Henri arrive avec à son bras une charmante personne. La surprise est pour Albert. Comme toutes les mamans, Lison sait, le changement de son fils est clair, il est amoureux. Elle a préparé un petit repas et a sorti les belles assiettes, celles des grandes occasions. Albert sourit, il s’approche d’Éloïse que son fils vient de lui présenter, sa main lui caresse le cou, le visage, s’attarde dans ses cheveux. Éloïse est impressionnée, elle n’ose faire un seul geste. Albert se tourne vers son fils : — Elle est belle ta fiancée, et il le serre dans ses bras. À table, Henri raconte, son travail, sa vie depuis qu’il a quitté la maison, et Éloïse, bien sûr. Albert écoute, un sourire aux lèvres, il se souvient de sa rencontre avec Lison. C’est lui, au dessert, qui fait rougir Éloïse en parlant mariage. Lison le rabroue gentiment, c’est un peu tôt, non ! Mais c’est dit. Éloïse veut leur présenter ses parents. Déjà, Henri propose une date. La journée se termine dans l’espoir d’une belle noce. Henri avait appris à conduire quand il était au front, des camions. Une voiture c’est un peu pareil. Avec l’argent que lui a légué Charles-Henri, Lison achète une Torpédo Citroën, petit modèle qui lui convient bien et ne ruine pas ses finances. En femme moderne, ...