1. La der des ders


    Datte: 28/01/2025, Catégories: fh, couple, amour, caresses, mélo, nostalgie, historique, Auteur: Patrick Paris, Source: Revebebe

    ... décrire ce qu’il a vécu ces derniers mois.
    
    Le lendemain, elle le guide vers la gare pour rejoindre le train d’éclopés qui retourne sur Paris.
    
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    Albert est fatigué, il ne se rend même pas compte que Lison a changé d’appartement. Ses enfants l’accueillent avec joie. Mais il est encore trop faible, il doit se reposer, il racontera demain.
    
    Après l’avoir aidé à se laver, Lison le couche dans leur lit, et s’allonge à ses côtés. Elle lui parle du notaire de Charles-Henri. Il hoche la tête et lui serre la main pour lui faire comprendre qu’il a bien entendu.
    
    Albert ne peut pas voir Lison quand elle se déshabille. C’est elle qui lui prend les mains, qui les pose sur ses seins, sur son ventre. Elle tremble, elle attend ce moment depuis si longtemps. Elle éteint la lumière pour être dans le noir, comme lui. Leurs corps se retrouvent… elle jouit très vite sous ses caresses, en se mordant les lèvres pour ne pas crier. Albert a du mal à bander. Lison ne désespère pas, elle le branle avec tendresse, il se crispe, transpire, mais difficile d’éjaculer. Il y a tellement pensé dans les tranchées, peut-être trop.
    
    Elle est encore jeune. Après ces quatre années d’abstinence, elle a des envies, son corps à des besoins. Ces étreintes ne lui suffisent pas. Pourtant tous les soirs, elle s’applique à lui donner du plaisir, sans penser à son plaisir à elle.
    
    Petit à petit, ils reprennent une vie de couple, une vie presque normale.
    
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    De nombreux anciens ...
    ... combattants, ceux qui avaient fait la guerre de 70, sont d’autant plus effrayés du bilan de celle-ci. Ils pensent, ou plutôt ils espèrent que la folie des hommes a atteint son paroxysme, que la sagesse l’emportera sur la folie. Il n’y aura plus jamais de guerre, ce sera la dernière, la der des ders. Comme tout le monde, Lison et Albert y croient, un siècle de paix s’ouvre devant eux.
    
    Albert a souvent des cauchemars, la nuit il se réveille, il tousse sans pouvoir s’arrêter ni se rendormir. Lison a du mal à le calmer.
    
    Dans la journée, se croyant seul, parfois il pleure, prononçant des paroles incohérentes. Il parle de camarades qui se sont mutilés, il répète qu’il ne voulait pas, qu’il ne pouvait pas faire autrement, et des larmes coulent de ses yeux morts.
    
    Par hasard, Lison découvre, dans le Petit Parisien, un article évoquant des déserteurs qui ont été fusillés dans les tranchées pour servir d’exemple, peu avant la fin de la guerre. Fusillé pour l’exemple, par des soldats français, l’horreur de l’horreur. Elle a peur de comprendre.
    
    Bien entendu, la grande muette, qui mérite bien son nom, n’a jamais entendu parler de tels actes.
    
    Albert se remet lentement, mais il ne peut plus travailler. Sa pension d’invalide ne suffit pas, Lison doit chercher à nouveau un travail. Les usines d’armement tournent maintenant au ralenti, on n’a plus besoin d’elle.
    
    Les temps ont changé. Les hommes ont la mémoire courte, les postes dans les usines leur sont maintenant réservés. Ils ont ...
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