1. Elsa


    Datte: 22/01/2025, Catégories: fh, hplusag, amour, mélo, portrait, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe

    ... elle a dit avoir oublié.
    
    Mais quand je lui décris sa tenue vestimentaire et son comportement face à moi, son visage se ferme, son front et ses joues rosissent, puis elle éclate :
    
    — Ah la salope ! Putain la garce, explose-t-elle en frappant la table. Elle me le paiera.
    
    Elle se lève d’un bond et revient avec son téléphone portable.
    
    — Qu’est-ce que tu fais ?
    — Rien, je bloque son numéro et je le mets en « indésirable ». Mais c’est pas vrai… Me faire ça à moi… Et sous mon toit en plus, enfin sous notre toit… J’y crois pas, j’hallucine…
    
    Elle est en furie me rappelant soudain ma seconde copine, avant sa mère, qui me faisait des crises de jalousie du même genre, montant toute seule en mayonnaise. C’était devenu maladif au point que j’avais dû mettre fin à notre relation. Insupportable. Elsa est en pleine crise de jalousie et pourtant il n’y a vraiment pas de quoi. Ce que je lui dis, précisant que je n’avais rien à faire des avances de cette petite pétasse et que je l’avais virée poliment. Elle se calme, s’excuse puis, soudain gênée par sa réaction épidermique, s’enfuit dans sa chambre. Bizarre…
    
    ooo000OOO000ooo
    
    À vingt-cinq ans, la photo est toute différente. Le regard fixe l’objectif en coin et le sourire « jocondien » semble dire « je sais ce que je veux et je suis contente de poser pour toi ». Quant à la robe qu’elle porte ce jour-là, une pousse-au-crime. C’est elle qui l’a choisie, très légère cotonnade d’été presque transparente en contre-jour, elle rend ...
    ... ce cliché carrément érotique. La ligne du sein, l’arrondi de la fesse, la finesse souple de la taille, le fuseau parfait de la cuisse, tout est clairement visible. J’en suis chamboulé d’autant que, en lumière directe, je n’avais pas remarqué cette transparence. Et puis elle est tellement comme ma fille qu’il y a des idées qui ne me viennent même pas. En voyant l’agrandissement, Elsa fait :
    
    — Hum… pas mal. Tu n’as pas perdu la main, Jérôme. En revanche tu as vu comme les peupliers ont poussé ?
    
    Elle n’a plus que deux ans à faire. J’aurais cru qu’elle aurait poussé plus loin en choisissant l’oncologie, mais non, elle sera médecin généraliste. « On en manque » a-t-elle dit. Elle s’est acheté une petite voiture d’occasion pour faire son externat dans une de ces maisons de santé implantées dans les déserts médicaux, à une douzaine de kilomètres de là. Elle déclare s’y sentir bien et être emballée par le concept : horaires quasi de bureau, secrétariat, locaux, matériel, tout est fourni par la municipalité pour un salaire mensuel de six mille euros, ça lui va bien. Sans le moindre problème, elle valide ses neuf années de formation, la voilà maintenant docteur en médecine. Je suis très fier d’elle. Cela se fête. Veut-elle aller fêter cela avec ses confrères ? Aucune envie, aucun intérêt. Un grand restaurant sur la tour Eiffel ? Pas plus. Dîner sur un bateau-mouche ? Pas mieux.
    
    — Ce dont j’ai envie, c’est de fêter cela avec toi, ici, en toute intimité. Mais en grandes pompes, ...
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