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Elsa
Datte: 22/01/2025, Catégories: fh, hplusag, amour, mélo, portrait, amouroman, Auteur: Roy Suffer, Source: Revebebe
... propos. C’est ce que je lui ai dit et ce que je vous dis également. Cette fille est orpheline et à ce titre dépend désormais des services sociaux. Moi en l’occurrence. — Vous rêvez, Madame. Je l’ai élevée comme ma fille depuis neuf ans et je la considère comme telle. — Taratata ! Vous ne l’avez pas adoptée ? Vous n’êtes pas son tuteur ? Vous n’êtes rien pour elle. — Madame, sur son lit de mort sa mère me l’a confiée. — Vous avez des témoins ? Des écrits ? C’est peut-être regrettable, mais vous n’avez aucun droit sur elle. — Mais attendez, qui la nourrit, qui l’habille, qui lui paye ses leçons de piano, de danse et de natation, qui la transporte et qui le fera si vous me l’enlevez ? — N’ayez pas d’inquiétude, elle aura le logis et le couvert. Pour le reste, avouez que ce ne sont que des détails superflus. — Imbécile ! — Comment ? — Je dis que vous êtes une imbécile et fichez-moi le camp avant que je ne botte votre vilain cul ! — Ce sera porté dans le dossier et ça ne jouera pas en votre faveur… Galère, galère. Il a fallu trouver conseil, déposer une requête auprès du juge des tutelles, engager un avocat pour qu’il réunisse les preuves nécessaires, témoignages des personnes connues, copies de dossiers, jusqu’aux comptes-rendus des conseils de classe auxquels j’ai assisté, etc. Là-dessus, le notaire en rajouta une couche, mais peut-être en notre faveur. Il a traité dans les trois mois la succession d’Héloïse et de fait la moitié de la maison que nous occupions ...
... appartenait à Elsa. J’habitais chez elle autant qu’elle habitait chez moi. Le tribunal nous renvoya un tas de dossiers à remplir, pour elle comme pour moi, où elle devait exprimer ses souhaits, où je devais prouver mes capacités financières, intellectuelles et de moralité pour assumer la responsabilité parentale. L’État ouvre ses parapluies, s’il y a un problème il n’est pas responsable. Malgré tous ces tracas qui nous pourrissaient la vie, la petite a obtenu son brevet avec les félicitations et, quelques jours plus tard, j’ai reçu une convocation au tribunal où le juge me désigna comme tuteur légal d’Elsa. Ouf ! Je n’ai cependant pas manqué de lui dire, très poliment, ce que je pensais des pit-bulls de la DASS et de leurs méthodes. Nous avions besoin de fêter tout cela et surtout de prendre un grand bol d’air pour nous vider la tête. J’ai pris une quinzaine de congés, déjà largement entamés par mes absences répétées. Direction le Massif central, moins peuplé que les bords de mer, pour de belles randonnées. Et puis Elsa trouva aussi son bonheur dans les eaux des lacs Pavin et Chambon. Paysages magnifiques, quelquefois grandioses, plaisir des étapes dans des gîtes remplis d’inconnus, de fatiguer nos corps dans de longs efforts. Ma petite danseuse n’avait pas son pareil pour soigner les pieds abîmés, elle avait l’habitude avec les pointes. En rentrant, les portraits de l’escalier me sautèrent aux yeux. Mais oui, elle allait avoir quinze ans, il fallait faire la troisième ...