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La promotion de Jojo
Datte: 14/12/2024, Catégories: inconnu, caférestau, amour, revede, nonéro, nostalgie, portrait, regrets, Auteur: Abdul, Source: Revebebe
... bourgeois. Nadia était sans aucun doute une très belle femme qui aurait sans problème pu accaparer mes pensées, mais je savais bien qu’elle ne serait jamais au mieux pour moi qu’un fantasme furtif aussi vite oublié que croisé. Toutefois, les événements prirent un tour inattendu lorsque je décidai d’aller déjeuner dans le restaurant de Kader pour la cinquième fois. C’était un vendredi, le jour du couscous, et j’avais très envie de goûter à ce plat largement vanté et plébiscité par la clientèle de l’établissement. Installé à ma petite table, située à quelques pas de l’assemblée joyeuse qui fêtait la promotion de Jojo, je contemplais rêveusement la salle, adossé au mur de l’établissement en attendant qu’on veuille bien m’apporter le menu. En tendant le bras pour saisir le cahier plastifié qui m’était présenté, j’eus l’impression de recevoir un coup de massue sur le haut du crâne. Mon sang se mit à bouillonner alors que je découvrais la plus belle créature qu’il m’avait été donné de croiser tout au long de ma courte existence. Comme tous les vendredis – ce que j’ignorais jusque là – Myriam était venue prêter main-forte à son frère aîné et à sa belle-sœur pour faire face à l’afflux des clients attirés par le plat rituel servi en fin de semaine. Imaginez une liane au visage d’ange et aux yeux de braise dont l’appendice nasal aurait filé des complexes à la grande Cléopâtre elle-même. Émerveillez-vous en détaillant la cascade de longs cheveux noirs et bouclés ...
... descendant jusqu’à la naissance d’une chute de reins divine. Admirez les cuisses magnifiquement galbées et les longues jambes fuselées moulées dans un jean tout simple. N’oubliez pas de respirer en découvrant le torse arborant fièrement deux seins aux courbes idéales dénués d’armature et le ventre plat sans la moindre trace de graisse mis en valeur par un pull à col roulé. Je n’aurai jamais assez de qualificatifs élogieux pour décrire la beauté qui croisa mon regard à ce moment-là. Il est dans l’existence des instants d’une telle plénitude qu’on se met à penser qu’il n’est pas nécessaire de vivre plus longtemps. Quelques regards émerveillés m’avaient suffi pour déclarer Myriam femme la plus émouvante de son siècle et la considérer au firmament de la féminité. Ma première rencontre avec cette déesse berbère me propulsa sur un nuage sur lequel je me mis à espérer, le cœur battant, qu’elle daigne tourner ses yeux de braise vers moi. Et par la grâce de Dieu ou d’Allah, cet événement se produisit à plusieurs reprises ce jour-là pendant mon déjeuner. Et tout au long du repas, totalement imperméable au joyeux brouhaha de l’assemblée qui fêtait la réussite de Jojo, je ne me lassais de regarder Myriam se mouvoir de sa démarche envoûtante et discrètement chaloupée. À partir de cette date, je fus très assidu aux couscous du vendredi m’évertuant à nouer un semblant de relation avec la beauté qui sans prévenir venait d’accaparer mon esprit. Ce petit manège dura jusqu’au jour ...