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La promotion de Jojo
Datte: 14/12/2024, Catégories: inconnu, caférestau, amour, revede, nonéro, nostalgie, portrait, regrets, Auteur: Abdul, Source: Revebebe
Ils étaient tous réunis ce vendredi midi à la taverne du Capitole, le bar restaurant de Kader, pour fêter la réussite de Georges, alias Jojo, leur collègue depuis vingt ans, qui venait d’être reçu au concours d’attaché d’administration. Il y avait bien sûr Jacky le Corse, responsable des imprimantes au ministère à ses heures perdues, mais avant tout chanteur dans un orchestre qui avait acquis une petite réputation dans le Val d’Oise. Avec sa formation, il écumait tous les week-ends les bals, les banquets ou les petites salles de concert de la région. Jacky, solide gaillard brun d’un mètre quatre-vingts avait deux centres d’intérêt dans la vie : la musique et les femmes. À ses côtés se trouvait Nanard. Serial fucker à l’humeur taciturne. Bernard était originaire du Gard. Il avait hérité de ses géniteurs l’anticléricalisme et le mépris des bourgeois, typiques auxrad socs du midi de la France. Bernard avait pour Jojo une certaine estime si tant est qu’un type de sa trempe puisse considérer un homme autrement que comme un faire-valoir, une source de profit ou le compagnon d’une femme à séduire. Face à Nanard se trouvait Janot, alias J.R. Ce breton pur jus, issu d’une dynastie de médecins du Finistère était le mouton noir de sa famille. Après un passage éclair à l’éducation nationale où les gamins avaient rapidement eu raison de ses velléités d’enseignement, il avait rejoint le service informatique du ministère dans le cadre d’une reconversion qu’il espérait salutaire, ...
... sinon salvatrice. Janot, grand timide devant l’éternel, fumait quotidiennement ses deux paquets de gauloises et descendait chaque semaine un nombre conséquent de bouteilles de whisky. Considéré par tout le service comme l’encyclopédie vivante du football français, il se pointait au bureau chaque matin avec le journal l’Équipe enfoncé dans la poche de l’imperméable crasseux qui ne le quittait pas d’octobre à septembre. Aux côtés de Janot pérorait Michel, dit « Red Nose », breton beaucoup plus flamboyant que son pays précité, mais lui aussi grand amateur de liqueurs écossaises comme le laissait supposer son surnom peu flatteur. Malgré ses rodomontades, Michel qui possédait un bateau amarré dans un port vendéen était un homme plutôt convivial, toujours prêt à partager un moment avec ses collègues tant qu’il restait un fond de bouteille à proximité. À la gauche de Red Nose, se trouvait Patrick, dont la réserve et un certain pessimisme naturel transparaissaient à travers une attitude légèrement voûtée. Mais cet auvergnat d’origine possédait certains principes moraux profondément ancrés qui, alliés à sa volonté et sa ténacité, lui avaient permis de devenir un lieutenant efficace et reconnaissant. En bout de table, trônait Alban qui, à force de travail et d’abnégation conjugués à quelques coups de pute bienvenus, avait fini par devenir chef de service. Une belle réussite pour un garçon qui avait commencé sa carrière tout en bas de l’échelle. C’était d’ailleurs un des ...