-
0327 Au cœur de tous les Jérémie.
Datte: 09/12/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... j’ai parfois l’impression de me faire mater, chose qui ne m’arrivait que très rarement auparavant. Ou dont je n’avais pas conscience auparavant. Oui, il est possible que j’aie appris à mieux regarder. Il m’arrive de sortir dans des boîtes pour garçons et de m’amuser avec des regards « moins risqués ». Je laisse parfois ces regards devenir des rencontres, du sexe, mais jamais de l’attachement. Je prends du plaisir, tout en pensant à chaque fois à ce que je n’ai pas avec un inconnu, ce que seul Jérém sait me donner. A savoir, le bonheur des sens couplé à celui de la tendresse, à celui de l’amour. Jérém est l’unique, il est l’Elu de mon cœur. Je réalise enfin la nature et la portée de ce changement qui s’opère en moi depuis l’accident de Jérém, j’arrive à identifier cette sensation qui m’avait saisi à Biarritz. Jusqu’à il n’y a encore pas longtemps, à chaque fois que je croisais un beau garçon, je me sentais ravagé par le désir, j’avais à minima envie de l’avoir en bouche, je ressentais une irrépressible envie de le faire jouir d’urgence. Mais cette année a bousculé tant de choses. Désormais, lorsque je croise un beau garçon, si mon regard est toujours irrépressiblement attiré, voilà que mon désir, pourtant toujours présent, semble plus apaisé. Avant, croiser un beau garçon inaccessible provoquait en moi comme une douloureuse blessure. Désormais, le bonheur que m’apporte la présence d’un beau garçon est plus un fait de tendresse et de bienveillance. C’est comme ...
... si dans mon esprit il n’y avait plus la place pour désirer de façon ravageuse. Je ne m’enflamme plus comme avant. Désormais, l’amour de Jérém comble mon cœur. A moins que ce ne soir l’amour que je porte à Jérém qui fait cela. Si j’ai des aventures, c’est parce qu’à vingt ans, le corps demande à exulter. Mais à chaque fois, je me dis qu’en réalité cela ne m’apporte pas ce dont j’ai besoin. Car, ce dont j’ai besoin, un seul garçon sait me l’apporter. Ainsi, après l’excitation des sens, après le plaisir, la frustration du cœur revient à chaque fois, et elle est dure à affronter. Alors, les aventures perdent peu à peu d’intérêt à mes yeux. Au fond, je commence à comprendre que je peux plaire. Et cela me suffit pour me sentir bien. Désormais, concrétiser est accessoire. Un jour, j’ai envie d’appeler Ruben pour savoir comment il va. Nous nous revoyons dans un bar, autour d’un café qui se prolonge pendant tout un après-midi. Le petit Poitevin semble aller plutôt bien, il a l’air serein. Il est toujours célibataire, mais ça ne lui pèse pas. Il n’a pas du tout l’air de m’en vouloir pour notre rupture. Au contraire, il me questionne sur ma relation avec Jérém. Je lui en parle en essayant de ne pas trop étaler mon bonheur, mais il comprend que je suis amoureux et il semble sincèrement ravi pour moi. Ravi et bienveillant comme le serait un ami. Je crois que nous sommes devenus amis. De notre ancienne relation demeure une certaine complicité, pourtant dénuée de toute ambiguïté. ...