-
0327 Au cœur de tous les Jérémie.
Datte: 09/12/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... pays. Quelques minutes après la fin du match, les joueurs de l’équipe gagnante s’alignent au milieu du terrain. L’année dernière au Stade de France, Jérém rongeait son frein en costard cravate, et il soulevait le Brennus juste pour l’honneur, soutenu par les bras puissants d’Ulysse. Cette année il soulève son véritable premier bouclier de Brennus, bien assuré sur ses pattes, après avoir bien mouillé le maillot, devant une foule en délire. Son regard à cet instant est émouvant au possible. Il y a de l’incrédulité, de l’éblouissement, de l’émerveillement. C’est le regard d’un gosse à Noël. Il y a une joie immense, mais aussi des larmes d’émotion que les écrans géants montrent impudiquement à de milliers de spectateurs. J’ai l’impression que le stade tout entier applaudit et félicite le champion qui revient de loin. Et parmi les 80000 paires de mains qui claquent avec ferveur, celles de la petite délégation toulousaine tapent avec encore plus d’énergie que les autres, avec plus de bienveillance et d’affection. Même Thibault, qui rêvait lui aussi de soulever ce bouclier, est visiblement ému par le triomphe de son Jé. — J’aurais tellement aimé jouer ce match contre le Stade Français, il me glisse. — Tu aurais aimé soulever le Brennus à sa place ! lui lance Thierry qui a entendu ses mots. — Peu importe qui aurait soulevé le Brennus. J’aurais surtout aimé jouer cette finale avec Jé. — L’année prochaine, ce sera la bonne ! Je vois bien une finale Stade ...
... Toulousain contre Stade Parigot, et le Brennus qui revient à Toulouse, sa place de droit ! s’avance Thierry. Hélas, ses prévisions se révéleront largement inexactes. Jamais les deux potes ne se retrouveront en finale du Top16. Déjà, parce que, pendant des décennies, les deux Stades n’accéderont pas en même temps à la finale de ce championnat qui sera bientôt rebaptisé le Top14. Aussi, parce que la carrière de l’un des deux potes s’arrêtera brusquement deux ans plus tard, au terme de la saison 2005-2006. Nous attendons Jérém à la sortie du stade. Lorsque le champion apparaît enfin, sa première accolade est pour son père. Un père qui est comme jamais ému, comme jamais fier de son fils. [Ton père ne t’a pas quitté des yeux depuis le coup de sifflet final. Tu le prends dans tes bras et l'étreins de toutes tes forces. Tu lui cries à l'oreille : « On est champions, Papa ! On est champions ! ». Aujourd’hui, ton père a un sourire d'enfant. C’est la première fois qu’il a ce sourire. Et c’est la première fois que tu vois dans son regard cette fierté, cette reconnaissance, ce respect. Aujourd’hui, ton père, tu l’as impressionné. Tu as réalisé tes espoirs et tes rêves les plus fous, et aussi les siens, par la même occasion. A cet instant précis, tu te sens sur un pied d'égalité avec lui. A cet instant précis, tu te sens aimé comme jamais auparavant]. L’étreinte entre les deux Tommasi s’étire, comme si l’un et l’autre avaient besoin de faire retomber la pression, de faire cesser les ...