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L'ours et la poupée
Datte: 22/11/2024, Catégories: fh, complexe, amour, init, rencontre, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... était possible et ils étaient champions d’hiver, juste avant la pause. Quand Antoine ressortit des vestiaires, longtemps après, il s’arrêta au milieu du parking et laissa tomber son sac de sport à ses pieds. Bénédicte était là, toute petite, vêtue d’un anorak de couleur prune et du bonnet assorti, avec un demi-sourire sur les lèvres. — Enfin, dit-elle quand il s’approcha, je commençais à avoir les bouts des pieds gelés. — Tu étais là ? demanda-t-il bêtement. — Oui, Monsieur le Champion. J’étais là parce que tu m’avais invité. Tu as oublié ? — Non, non, mais je croyais… Et soudain, il se retourna vers un groupe qui semblait l’attendre. — Je ne rentre pas avec vous, les gars ! cria-t-il. Je file avec ma copine. À mardi ! Ils firent quelques pas en silence tandis que dans leur dos, les coéquipiers d’Antoine lançaient les plaisanteries habituelles. — Ta copine ? demanda Bénédicte quand ils furent seuls. — C’est une manière de parler. Qu’est-ce que je devais dire ? — Je ne sais pas. Une peste que je connais ? — Tu n’es pas une peste. — Merci. Explique-moi, champion, pourquoi tu es si fort sur le terrain et si minable avec moi ? C’est parce que je ne ressemble pas assez à un ballon ? — Je… Tu es tellement jolie et… aussi, je ne sais jamais ce que tu vas dire. Alors je ne sais pas répondre. — Bon, et si je te dis que je veux bien être ta copine, qu’est-ce que tu vas trouver à dire ? — Je… J’habite tout près. Tu veux venir te réchauffer ? Boire un ...
... chocolat ? — Un chocolat ? — Ou autre chose, un café, une bière ? — Du thé ? — Je crois que j’en ai. Viens, s’il te plaît. L’appartement d’Antoine était minuscule, un petit studio au sixième étage d’un immeuble ancien, sans fenêtres, mal éclairé par deux petits velux, si petit qu’on se demandât comment un si gros homme pouvait y rester. Dès la porte passée, Antoine abandonna Bénédicte sur le petit canapé du petit salon pour passer dans le coin cuisine et préparer du thé. Quand il revint avec un plateau, une théière et deux mugs, la jeune femme sortait de sa chambre avec un slip à la main. — J’ai visité, dit-elle, c’est vite fait ! Quand tu invites une femme chez toi, il faut faire le ménage, ajouta-t-elle en lui lançant le slip sur le visage. — Assieds-toi, dit-il, écarlate. Le thé est presque prêt. Ça va te réchauffer. — Tant mieux parce que si je dois attendre que tu me réchauffes, je vais mourir de froid. Il s’assit à côté d’elle et elle faillit être expulsée du canapé par le poids du garçon. — Tu veux… je peux… — Je ne veux rien du tout ! N’approche pas tes sales pattes d’ours ! Sers le thé sans en renverser, ce sera déjà bien. Il s’exécuta et ils burent un peu de thé en silence. — Bon, reprit-elle. Passons aux choses sérieuses. Qu’est-ce que tu as appris ? Quand on a une copine, qu’est-ce qu’on fait avec elle ? — Je… On s’embrasse ? — Peut-être, ça pourrait être un bon début. Mais je suis fragile et tu es une brute. Je t’ai vu embrasser le ballon ...