1. Du rififi au hameau


    Datte: 18/11/2024, Catégories: fh, voisins, campagne, amour, rencontre, Auteur: Arpenteur, Source: Revebebe

    ... tête de mule !
    
    Elle agrippa ses vêtements qui avaient eu le temps de sécher près du feu durant la nuit, puis, sans aucune pudeur, elle essaya de retirer la chemise de nuit et se retrouva presque entièrement nue devant moi, de quoi bien me rincer l’œil. Elle avait juste un peu de mal à la faire passer au-dessus de sa tête, à cause de ses blessures, et je vins à son aide pour agripper le vêtement.
    
    — Nous sommes tous faits du même moule, grogna-t-elle devant mon air effaré. On dirait que vous avez jamais vu une femme à poil !
    — …
    — Vous savez ce qu’elles ont fait de mes sous-vêtements, les deux niasses ?
    
    Elles les avaient posés sur le dossier de l’autre fauteuil, je les lui tendis, les yeux exorbités par la généreuse poitrine qu’elle exhibait négligemment.
    
    — Vous êtes puceau ou quoi ? Ils vous plaisent mes nichons ? Vous m’auriez connue plus jeune, ils étaient bien plus fermes et beaucoup plus beaux ; mais là, ils se sont affaissés, ils ont mal vieilli, comme l’ensemble de ma personne d’ailleurs.
    
    Sur ce, elle se rhabilla lentement, certains gestes semblaient vraiment pénibles et lui arrachaient des grimaces de souffrance. Mais, malgré mon insistance, elle refusa dans la mesure du possible que je lui vienne en aide.
    
    — Quand vous ne serez pas là, il faudra bien que je me démerde !
    
    Elle accepta juste que je l’aide à enfiler son col roulé qui avait une fâcheuse tendance à s’accrocher dans ses cheveux.
    
    Une fois habillée, elle se redressa et, ...
    ... clopin-clopant, s’appuyant sur la canne, décida de s’en retourner chez elle, sans plus attendre.
    
    — Vous êtes certaine que ça va aller ?
    
    Question à laquelle elle ne répondit même pas.
    
    Quand j’informai mes deux voisines, qui étaient venues aux nouvelles, des derniers évènements, elles en restèrent stupéfaites.
    
    — Ni un « merci » ni rien, on la reconnaît bien là ! maugréa Alexia.
    — Le principal c’est qu’elle aille mieux, tempéra Geneviève.
    — Je ne suis pas certaine que ça aille bien, en règle générale, dans sa tête, conclut sa comparse.
    
    En fin de journée, j’étais quand même passé chez la rebelle, histoire de lui demander comment elle se sentait. Mais vu le peu d’amabilité qu’elle mit dans sa réponse, cela me découragea par la suite de continuer à m’inquiéter pour elle.
    
    L’incident était clos, c’est du moins ce que l’on pensait.
    
    o-o-o-o-o-o-o-o-o
    
    Une petite semaine plus tard…
    
    La nuit est tombée. Soudain, j’entends quelqu’un qui gratte à la porte de la cuisine, celle qui donne sur le jardinet. Je suis un peu surpris, car personne ne passe jamais de ce côté, je vais ouvrir et tombe nez à nez avec Jeanne :
    
    — Chuttttt, taisez-vous, m’ordonne-t-elle, toujours aussi tranchante. Ils sont là !
    — Qui ça ?
    — Les deux salopards. Heureusement que j’ai repéré leur voiture dans la montée, car ils ont essayé de pénétrer chez moi. Je me suis enfuie par-derrière. Je peux rester planquée chez vous ?
    
    C’est alors que je m’aperçois qu’elle tient un fusil dans sa main.
    
    — Mais ...
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