1. Les loups sont entrés dans Paris...


    Datte: 05/11/2024, Catégories: f, cérébral, aventure, sf, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... calme et elle fixa un instant une fenêtre basse. La bouche de la grande Parisii s’arrondit de surprise et ses grands yeux s'agrandirent d’étonnement. Les reflets du soleil sur le verre faisaient briller une vitre intacte ! Si cette vitre existait, c’était parce que les loups ne l’avaient pas approchée. Les fauves avaient vite compris que les vitres pouvaient être cassées. Ils s’en étaient d’ailleurs donné à cœur joie. Il n’était pas rare de voir ces bêtes se jeter à travers une fenêtre sans même avoir cherché une autre entrée. Certains Parisii disaient que les loups d’aujourd’hui n’avaient plus rien à voir avec ceux d’autrefois. Ils étaient plus sauvages, plus cruels et surtout bien plus rusés et intelligents. On n’en savait pas beaucoup plus sur eux. La question que s’était le plus souvent posée Lyrie, c’était pourquoi ces monstres avaient décidé de s’installer dans les villes. Ou peut-être seulement dans Paris. La pleine nature n’était-elle pas pourtant préférable ? Ou alors les campagnes étaient devenues trop dangereuses, et ce même pour des loups. Allez savoir pourquoi ? En tout cas, la dernière des Parisii était devenue une tueuse de loups.
    
    Lyrie sentit la sueur baigner son visage et son corps. Elle était en nage sous son débardeur. Il faisait une chaleur à crever et sa longue course l’avait fatiguée.
    
    — Vas-y, ma grande… Allez !
    
    Au moindre danger, elle serait vite sur le toit de la bâtisse. Derrière elle, c’était la mort assurée. La grande maison était la seule ...
    ... des alentours. Elle n’avait pas d’autres choix que d’aller se réfugier sur le toit de cette bâtisse isolée. La jeune femme resta un autre moment à observer l’endroit. Une centaine de pas pour traverser le parc. Le mur de la maison était facile d’accès. Elle s’aiderait des volets de l’une des fenêtres basses et se retrouverait vite sur le toit. Ce serait un jeu d’enfant pour elle. Ensuite, elle prendrait du temps pour réfléchir.
    
    Quelques volatiles avaient pris leurs essors quand elle avait traversé le parc, courant courbée en avant dans un silence quelque peu angoissant. Comme elle l’avait prévu, la fenêtre surmontée d’un linteau de bois épais l’avait aidée et elle était vite sur la tuile ocre et brûlante. Elle était sur une toiture à peine pentue. Un genre de toit qu’elle voyait rarement. Presque aussi large que long.
    
    Lyrie sursauta quand une plainte chevrotante troua le silence pesant. Le cri d’un animal ? Quelle bestiole pouvait pousser de telles plaintes ? Un son plaintif et geignard qu’elle n’avait jamais entendu. C’est à ce moment précis qu’un autre bruit résonnait. Aussitôt suivis d’autres bruits identiques. Tétanisée, la grande Parisii avait empoigné son arbalète et son couteau de chasse dans des gestes lents et silencieux. Il n’y avait plus de plaintes animales, mais des petits coups secs répétés venaient de derrière la maison.
    
    Tchac… Tchac… Tchac…
    
    C’était comme si l’on tapait sur quelque chose. Toujours accroupie, prête à tout, la tueuse de loups souffla ...
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