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Les loups sont entrés dans Paris...
Datte: 05/11/2024, Catégories: f, cérébral, aventure, sf, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... frustrant et une certaine détente que ses caresses lui apportaient. La jeune femme se sentait toujours apaisée de ses soucis ou de ses craintes après s’être caressée. Un jour peut-être… Accroupie à l’extrémité d’un toit quelque peu délabré, la chasseresse fixait un grand loup maigre au pelage noir. Aujourd’hui débutait un apprentissage qui serait très long et très difficile. Dans leurs housses, arbalète, arc et l’un des épieux démontables. En bonne tueuse, elle devrait maîtriser l’art de l’archerie. Son arbalète devait devenir le prolongement de son bras. Son bras armé. Elle devrait également apprendre à tuer à l’épieu et au couteau. Jusqu’ici, elle était chasseresse. Dès lors, elle serait tueuse. Lyrie Montmartre devait devenir une tueuse de loups ! Bottes et vestes n’étaient pas de mise par ce temps d’été et la jeune femme avait préféré s’en passer. Chaussures légères de marche, chaussettes courtes, pantalons de treillis aux couleurs de camouflages et débardeur vert. C’était parfait. Lyrie prit l’arbalète d’un geste lent et adressa un rictus de haine au loup noir qui en bas, avait levé ses yeux jaunes vers elle… — Tu vas crever, charogne… La jeune femme avait comptabilisé les jours qui passaient et si elle était sûre d’avoir parfois oublié d’annoter son carnet de vie, elle connaissait approximativement son âge actuel. Vingt-sept ou vingt-huit ans. Elle savait lire, mais également compter. Sa mère lui avait transmis ces savoirs alors qu’elle était toute enfant ...
... et ces savoirs étaient déjà devenus très rares. Elle avait survécu jusqu’ici et avait retrouvé un certain espoir de pouvoir continuer à vivre. Cependant, elle devait en apprendre plus sur ce qui l’attendait. Peut-être que la vie était plus facile hors de la ville ? Ou peut-être était-elle bien pire ? Mais pour le savoir, il n’y avait qu’un unique moyen… Partir ! Quitter Paris et ses toits protecteurs était un énorme risque à prendre. Pourtant, si Lyrie voulait connaître ce que pouvait être une autre destinée, elle n’avait pas d’autre choix… Quelques épaisses mèches couleur de terre mouillée s’étaient échappées de la lourde natte que la dernière des Parisii s’était grossièrement tressée, la laissant retomber sur son épaule gauche. Ses grands yeux vert d’eau s’étaient étrécis et fixaient le chien. La sueur baignait le visage de la femme statufiée dans un paysage de décombres et de désolation. Le visage aux traits réguliers était tendu par la concentration. Les délicates narines du nez droit et fort palpitaient doucement en aspirant l’air déjà chaud de la matinée. Le souffle de Lyrie Montmartre était régulier. Elle respirait calmement par le nez, ses lèvres pleines pincées et sa large bouche figée dans un étrange rictus. — Patience, ma grande… patience… La chasseresse avait soufflé les mots. Peut-être même n’avait-elle fait que les penser. Elle n’en était jamais sûre dans ses moments de tension. — Maintenant… Le long index tira doucement sur la petite gâchette et ...