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Les loups sont entrés dans Paris...
Datte: 05/11/2024, Catégories: f, cérébral, aventure, sf, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... elle crut qu’elle allait avoir un autre malaise. — T’es qui ? Pourquoi tu m’as attaqué ? T’es qui, hein ? Une voix humaine. La chasseresse avait pris l’habitude de se parler à elle-même, mais n’avait plus entendu d’autre voix que la sienne depuis si longtemps qu’elle ne savait pas comment réagir. — Tu veux m’tuer ? — Non… Je ne sais pas. Parler faillit faire gémir la jeune femme. Elle parlait à quelqu’un ! À un autre être humain ! — Pourquoi tu veux m’tuer ? — Tais-toi… — Ne m’tue pas ! — Malemort ! Tais-toi ! Cette seule voix effrayée était une véritable cacophonie pour la tueuse. Elle avait cessé de noter le temps qui filait sur son carnet depuis un petit moment. C’était inutile et même idiot. Qui donc tenait à connaître la date de sa mort ? Vingt-sept ans ? Vingt-huit ? Un peu moins ? Un peu plus ? Elle n’en savait rien exactement. Ce qu’elle savait, c’est qu’elle n’avait pas vu l’ombre de l’un de ses semblables depuis ses neuf ans. Là, elle en découvrait un qui ne cessait pas de parler. — Raconte-moi qui tu es ? — Quoi ? Lyrie aspira une grande goulée d’air et tira une vieille chaise pour la placer face à l’antique fauteuil où elle avait collé le garçon. — Raconte-moi ta vie. — Mais tu veux que j’te dise quoi… — Comment t’appelles-tu ? La Parisii s’efforçait au calme et tentait de mettre de l’ordre dans ses pensées. Le mal-être qu’elle éprouvait lui faisait tourner la tête par instants. L’autre paraissait avoir peur. Certainement ...
... pas autant qu’elle-même était effrayée. Les livres lui avaient beaucoup apporté et elle savait ce qu’était une conversation même si l’on pouvait dire qu’elle n’en avait jamais vraiment eu. Les enfants étaient-ils capables de conversations ? La tueuse de loups ne s’en souvenait plus. Pourtant, elle devait avoir une conversation avec ce garçon. — Comment te nommes-tu, garçon ? — Élias. — Quel âge as-tu, garçon ? — Et toi, c’est quoi ton nom ? — Je m’appelle Lyrie. Lyrie Montmartre. Nous allons tous les deux avoir une conversation. Nous allons converser posément, puis nous réfléchirons et aviserons de nos situations respectives. — J’comprends rien. Tu parles bizarrement. Pourquoi t’as deux noms ? Moi c’est juste Élias. C’est quoi aviserons ? Tu vas m’tuer… La chasseresse, elle non plus, ne comprenait pas grand-chose aux propos du garçon. Pourquoi disait-il qu’elle parlait bizarrement ? Et cette histoire de ses deux noms ? Le mal de tête aigu qui lui vrillait le crâne lui fit se passer la main sur le front. — Je ne te tuerais pas. — J’te crois pas. La jeune femme souffla un peu d’air par le nez et décida de s’asseoir. — Alors je vais te tuer tout de suite. — J’comprends rien. T’es une folle ! — Non. J’ai peur de toi. — T’es dingue ! J’suis attaché ! — Oui, mais si je te détache tu voudras me tuer. — Mais non ! Pourquoi je f’rais ça ? — Pourquoi te tuerais-je ? — J’sais pas ! — Moi non plus je ne sais pas pourquoi tu voudrais ma mort. — Oh putain ...