1. Toujours envisager le pire


    Datte: 04/11/2024, Catégories: fh, extracon, dispute, reconcil, pied, extraconj, cocu, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe

    ... voiture après son diplôme pour qu’il puisse venir nous voir les week-ends. Nous avons ri et j’ai retardé ma réponse. À l’étage, j’entendais l’eau couler. Anna prenait une douche.
    
    Le repas a été un moment un peu long pour moi. Ensuite, je me suis calé sur le canapé devant un film. J’attendais qu’Anna me rejoigne, mais elle a décliné. Elle voulait lire un magazine, c’était pour le travail. Nos enfants n’étaient presque plus des enfants et les adolescents se couchent souvent assez tard, il arrive même que je sois le premier endormi de la famille. Ce soir-là, j’ai veillé, regardant un deuxième film après le premier.
    
    Vers minuit, je suis monté faire un tour à l’étage. Il n’y avait plus aucun bruit, plus de lumière sous les portes des chambres des gosses. Anna était au lit, avec son magazine et une chemise de nuit très sage, un truc de grand-mère en coton qu’elle avait déniché dans une brocante et qui lui allait si bien. Je me suis assis sur le bord du lit et elle a levé les yeux.
    
    — Ce matin, je suis repassé à la maison, ai-je dit sans la regarder. J’avais oublié ma sacoche sur la table duliving. C’était dix heures environ. Tu étais avec quelqu’un. Et puis j’ai abandonné cette foutue sacoche et je suis reparti aussitôt.
    
    Il y eut un silence interminable. Je ne voulais pas la regarder et elle ne disait rien. Est-ce qu’elle se cherchait des excuses ? Est-ce qu’elle se demandait ce que j’avais vu exactement ?
    
    — Je ne sais pas ce que tu penses de moi, ai-je ajouté au ...
    ... bord de la crise de nerfs, mais je mérite au moins que tu me dises quelque chose.
    — Anton, tu n’aurais pas dû être là. Je suis désolée et je te demande pardon. Sincèrement, pardonne-moi, je t’en prie, Anton.
    
    Elle s’est tue et je ne la regardais toujours pas. Le silence a recommencé, mais je ne pouvais ni bouger ni parler.
    
    — Que veux-tu que je dise de plus ? a-t-elle ajouté. On ne peut pas entamer une conversation comme ça, tu es bouleversé. Je vais dormir dans la chambre d’amis et on va attendre d’être au calme, sans les enfants dans la maison, demain à midi par exemple si tu peux rentrer. Je m’arrangerais pour être là et on se dira tout ce qu’on a à se dire. D’accord ?
    
    Elle se leva et se tint devant moi, attendant visiblement une réponse, mais je ne pouvais pas lui en donner parce que je n’étais pas d’accord. Je voulais qu’elle me dise qu’elle m’aimait et elle ne le disait pas. Je voyais ses pieds nus devant moi, ses petits orteils que je me rappelais avoir sucés les uns après les autres un nombre incalculable de fois. Finalement, devant mon immobilité, elle est sortie de la chambre et j’ai entendu une autre porte se fermer.
    
    Je suis resté assis à regarder le tapis. Je ne savais pas si notre situation était désespérée ou si nous allions trouver une solution. Je ne savais pas comment je pouvais vivre maintenant, ni même si je le voulais. Je voulais cesser de penser. À l’idée de m’allonger seul dans ce lit où nous avions fait l’amour des centaines de fois, j’eus la ...
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