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Toujours envisager le pire
Datte: 04/11/2024, Catégories: fh, extracon, dispute, reconcil, pied, extraconj, cocu, Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
Ce jour-là, au cours du petit-déjeuner, je me rendis compte une fois de plus qu’Anna, ma femme, était l’âme de notre famille, son moteur, sa joie de vivre. Nous étions assis autour de la table, tous les trois, mon fils, ma fille et moi, trois adolescents embrumés de sommeil et Anna qui virevoltait autour de nous, distribuait les toasts, souriait, lavait les mugs. Elle avait un mot pour chacun, une main dans les cheveux de mon garçon qui faisait semblant d’être exaspéré, mais qui adorait ça, un conseil vestimentaire à ma fille, un baiser sur mes lèvres quand je me suis levé pour partir. Elle n’était pas obligée de sortir du lit si tôt, c’était son jour de congé, mais elle était là pour nous, elle nous aimait. C’est pour ça que… Mais je vais raconter l’histoire. J’avais une réunion importante sur un chantier, une heure de route. Je suis parti serein, le cœur empli d’images de famille heureuse. Arrivé sur place, je me suis rendu compte que j’avais oublié mon cartable, j’avais bossé la veille à la maison et tous mes calculs étaient dans la sacoche que je revoyais exactement posée sur la table duliving-room. J’ai prévenu le chef de chantier, repoussé la réunion en fin de matinée et suis reparti en sens inverse.« Il y a des jours comme ça… », ai-je pensé. J’ai écouté de la musique pendant le trajet, Cat Power, j’aime beaucoup la puissance et la voix de cette chanteuse. Je me suis garé dans l’allée et suis entré sans sonner. Pourquoi sonner quand on rentre chez soi ? ...
... D’abord, j’ai cru qu’une bête s’était introduite dans la maison. Je suis resté interdit dans l’entrée, le bruit venait de la grande pièce dont nous avions supprimé la porte pour circuler plus facilement. D’où j’étais, je voyais que ce n’était pas une bête, mais deux personnes plus ou moins nues qui étaient là. Mon esprit trop lent n’arrivait pas à analyser ce que je voyais, puis j’ai reconnu un homme qui baisait une femme par-derrière. Elle était à moitié couchée sur la table, ses grosses fesses dans ma direction ; l’homme était debout derrière elle. Ce n’était pas mon fils qui est blond et frêle, ce type-là était poilu dans le dos et était sacrément costaud. Je ne savais pas qui ils étaient, c’était chez moi, j’étais en état de choc. Puis j’ai reconnu la jupe d’Anna, la bleue, celle que j’aime bien, roulée autour de sa taille, et sa chevelure, ses magnifiques cheveux blond vénitien détachés dans son dos, et même sa culotte, coincée au niveau de ses genoux, une culotte que je lui avais offerte pour la Saint-Valentin. Je suis resté longtemps immobile, il me semble, mais je n’ai aucune idée du temps qui s’est passé en réalité, parce que je n’étais plus dans le monde réel, mais dans un monde parallèle, un monde en cours d’effondrement. Les deux amants ne m’avaient pas entendu. Le type grognait et Anna simulait. Je la connais bien, quand elle couine comme ça, c’est qu’elle simule, pour me faire plaisir, pour que j’en finisse au plus vite, peut-être, mais je sais faire la différence. ...