1. 0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.


    Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... sais… je sais. Je suis désolé.
    
    J’ai l’impression que tant de tensions se relâchent enfin, les miennes, les siennes. Je le serre encore plus fort contre moi, nous pleurons ensemble.
    
    — Merci, Nico, merci.
    
    Si je tiens, c’est grâce à ses « merci ». Parfois, sans que je m’y attende, ce petit mot glisse de ses lèvres. Ça tombe lorsque je lui apporte une boisson, lorsque je l’aide à se lever. Et si ces « merci » me touchent autant, c’est parce que je sais que c’est non seulement sa façon de me montrer sa reconnaissance pour tout, pour ma présence avant tout, malgré tout, mais aussi sa façon de s’excuser d’être aussi difficile à vivre, d’avouer son incapacité à faire autrement, sa souffrance et sa peur.
    
    En ce mois de mai, il m’arrive de repenser régulièrement au mois de mai d’il y a deux ans, à cette insouciance, à cette magie sensuelle qu’il y avait entre nous. Il y a deux ans, à cette même époque de l’année, je découvrais le sexe avec Jérém. Tout n’était pas parfait, certes. A l’époque déjà il m’était difficile d’apprivoiser le beau brun. Je me trouvais face à un mur qui refoulait avec violence toute tendresse venant de ma part. Comme aujourd’hui, au fond. Avec la différence qu’à l’époque Jérém n’était pas si malheureux qu’il l’est aujourd’hui.
    
    Il l’était, certes, parce qu’il n’acceptait pas ce qui se dévoilait en lui au fil de nos révisions. Mais il avait des exutoires, comme le rugby, la fête, les potes. Aujourd’hui, immobilisé pendant de longues journées, il ...
    ... s’ennuie, il est frustré, il a du mal à voir le bout du tunnel. Il se sent prisonnier d’un corps abîmé.
    
    Un corps qui, au bout de deux mois d’immobilisation, commence à perdre de sa tonicité. Je n’ai pas souvent l’occasion de le voir torse nu, à part les rares fois où il m’invite à passer clandestinement la nuit avec lui. Mais lorsque cela arrive, j’observe que sa musculature, au repos forcé depuis des semaines, devient peu à peu un brin moins saillante. Jérém a sans doute pris quelques petits kilos. Rien d’alarmant, il reste une sacrée marge avant que cela cesse d’être furieusement attirant.
    
    Au contraire, même. Je dirais même que cet adoucissement des lignes de sa musculature, combiné à sa magnifique pilosité brune laissée libre de son expression naturelle, le rend encore plus sexy. Il existe en effet une sensualité propre aux corps masculins se situant juste un poil en dessous de la pure perfection plastique. La perfection peut parfois intimider. Ce « poil » en dessous de la perfection, cette virilité sans artifices, semble rendre ces corps masculins un brin plus accessibles, et excessivement érotiques.
    
    Et puis il y a le regard, le mien, celui de la tendresse, ce regard qui embrasse bien plus de choses que la beauté et le désir pur.
    
    N’empêche que l’on peut constater la différence entre le Jérém d’il y a six mois, la dernière fois où j’ai fait l’amour avec lui, et le Jérém d’aujourd’hui. Une différence que le principal intéressé n’apprécie guère et qui contribue à lui ...
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