1. 0323 Une course contre la montre et beaucoup d’endurance.


    Datte: 01/10/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... côtés. Ma place est ici.
    
    Dans cette épreuve, je peux compter sur le soutien de ma cousine Elodie. Nous nous appelons deux fois par semaine, et elle sait trouver les mots pour m’apaiser. Elle sait aussi me faire rire. Comme au bon vieux temps, où nous étions tous les deux célibataires, le temps où nous refaisions le monde assis en terrasse dans un bar à Toulouse, ou sur la plage de Gruissan. Je me rends compte que ce temps est révolu, car ma cousine a sa vie, sa petite famille. Et moi aussi j’ai ma vie. Il y a la distance géographique entre nous, et celle, encore plus inéluctable, des obligations personnelles, les circonstances personnelles, les chemins empruntés. Je sens toujours son amour, mais quelque chose a changé. Je me rends compte que notre complicité se situe désormais sur des souvenirs communs, heureux, certes, mais appartenant au passé. Le changement de nos relations avec les autres nous donne la mesure du temps qui glisse sournoisement.
    
    Parfois, il m’arrive de penser à Ruben. Je me demande ce qu’il devient. Je me demande s’il a eu beaucoup de peine suite à notre rupture. Le dernier soir où nous nous sommes vus, il m’a semblé très fort. C’est lui qui a pris les choses en main face à mon hésitation. Je m’en veux de lui avoir fait du mal. J’espère qu’il a rencontré quelqu’un. Parfois, lorsque la solitude, la détresse et la tristesse me happent, je pense au petit Poitevin, et je m’en veux terriblement. Je pense aux bons moments que nous avons passés ensemble, ...
    ... aux balades à vélo, à son sourire, à son regard amoureux, à ses attentions, à son envie de m’installer dans sa vie. Je crois que Ruben m’aimait vraiment, tendrement. J’espère qu’il a rencontré quelqu’un qui le rend heureux. Certains soirs, je pars faire un tour avant d’aller me coucher. Certains soir, j’ai envie de l’appeler. Mais j’y renonce. Je me dis que c’est par altruisme, pour ne pas raviver la blessure de ma trahison. A moins que ce ne soit par lâcheté, pour ne pas être confronté à sa souffrance, dont je suis responsable, pour ne pas ajouter de la détresse à celle que je porte chaque jour.
    
    Malgré le soutien d’Elodie, ainsi que celui de Papa et Maman, de Thib et de Maxime, au bout de quelques semaines mon moral accuse le coup. Je dors mal, je suis de plus en plus fatigué, physiquement et mentalement. J’ai du mal à me montrer positif, car tout élan dans ce sens est balayé par Jérém d’un revers de main. Si j’insiste, je me fais jeter. Il me faut garder le moral, il me faut le garder pour deux. Ou plutôt pour un régiment, tant Jérém s’emploie à le saper.
    
    Un soir, après l’un de ses accès de colère, parti d’une broutille, je craque. Je ne peux retenir mes larmes, je pleure devant lui.
    
    Lorsque je lève les yeux, je réalise que Jérém pleure lui aussi. Je m’approche de lui, je le prends dans mes bras. Son torse est secoué par des sanglots incontrôlables.
    
    — Ne sois pas si méchant avec moi, s’il te plaît ! Je ne te veux que du bien ! Je t’aime, Jérém Tommasi !
    
    — Je ...
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