Tout se joue le 18 juin.
Datte: 13/09/2024,
Catégories:
Humour
aventure,
Auteur: Amateur de Blues, Source: Revebebe
... ridicule de la chose.
Je range le téléphone et je bois ma bière. J’ai l’impression d’avoir fait tout ce que je pouvais pour aujourd’hui. J’ai le droit de me relaxer. Aussi, je passe au whisky et comme d’habitude, je rentre à la fermeture du pub avec moins d’argent et plus de mal à me traîner jusqu’à ma chambre. Le monde est cruel.
18 juin.
Une mauvaise journée, une triste journée. Je rencontre mon avocat londonien, à ma demande parce qu’il me coûte un bras et que j’ai l’impression qu’il ne fait rien. Il m’explique patiemment, une nouvelle fois, ce que je me refuse à comprendre : oui, j’ai le droit pour moi et ces salauds ne devraient pas pouvoir utiliser mes brevets sans cracher au bassinet. Mais ils sont très riches et sans scrupules et utiliseront toutes les chicaneries possibles pour retarder le moment où ils devront payer. Ce jour-là probablement, j’aurais fait faillite et ils s’en sortiront sans une égratignure. Je tente de lui dire que je le paye justement pour éviter ce scénario catastrophe et il soupire. Ce soupir est sa seule réponse. Sinon, il me dit ensuite que si je n’ai plus confiance en lui, je peux embaucher un autre avocat.
Dehors, il pleut, un crachin tiède et nauséabond. Sur mon smartphone, le site météo indique un grand soleil au-dessus de ma région. Je rentre à l’hôtel et regarde une compétition d’athlétisme sur le câble. Des types sautent en longueur et je m’en fous. Ensuite, c’est des dames qui courent un dix mille mètres en petite tenue. ...
... J’essaye de m’intéresser à leurs jambes interminables, mais elles sont toutes maigres et leurs visages sont déformés par l’effort. Alors, j’éteins et je regarde la pluie tomber. Je pense à Adeline et au timing de son abandon. Je voudrais qu’elle soit là pour pouvoir l’étrangler. Puis, je pense aux vrais féminicides et j’ai honte.
19 juin.
Je prends mon petit déjeuner dans la salle de restaurant de l’hôtel, profitant du seul plaisir de ma journée, unfull english breakfast. Tandis que je beurre un toast, je vois une jeune femme entrer dans le hall, tirant une valise derrière elle. C’est une petite dame insignifiante, ni jolie ni laide, pas très bien habillée et si je la suis des yeux, c’est pour chercher des indices pour valider mon intuition. Je suis persuadé qu’elle est française, mais sans savoir pourquoi. De dos, elle est plus intéressante, avec une belle croupe bien rebondie. Elle s’adresse à l’accueil et soudain se retourne vers moi, suivant visiblement du regard les indications de l’hôtesse.
Elle traverse aussitôt la salle avec le sourire, ses yeux sombres plantés dans les miens.
— Bonjour, dit-elle en français (j’avais raison), vous permettez que je m’assoie un instant à votre table ?
Comme j’acquiesce, elle se pose en face de moi, soupire un peu avant de reprendre la parole.
— Je suis là pour répondre à votre demande, explique-t-elle. J’avais quelques jours de congés et aucune idée pour en profiter quand j’ai lu votre message trop mignon. Vous m’avez ...