1. Le vieil homme et l’amer…


    Datte: 19/08/2024, Catégories: Nostalgie, souvenirs, Auteur: Francois Intime, Source: Revebebe

    ... avec dextérité de la cheffe d’entreprise à l’amante gourmande.
    
    Enfin, si, elle commit une erreur, une seule erreur. Celle de parler de nous à sa mère. Notre différence d’âge et nos origines très différentes faisaient de moi un paria ; elle reçut de son père l’ordre de me quitter, séance tenante, comme on éteint un écran, au beau milieu d’un mauvais film.
    
    J’ai cru presque naïvement qu’elle allait se battre pour nous, tenir tête à ce père-dictateur, menacer de tout quitter pour ne pas me perdre. Mon habit de Prince charmant n’était sans doute pas assez lumineux, ou peut-être un peu trop usé… Elle me laissa donc à la fin d’un week-end, comme si elle avait voulu se servir une dernière fois avant de rompre.
    
    Désillusion brutale, véritable pic porté au milieu de mon cœur et ce sentiment destructeur de m’être laissé emporter par les jeux de l’amour et du hasard. Marivaudage qui cette fois encore me laissa éperdument désemparé et triste…
    
    5 – Au crépuscule de mes jours…
    
    Où me fais-tu voyager ce soir ?
    
    Je pense à ce poème que tu as écrit il y a si longtemps ; il me conduit au spleen, à ce mal de vivre que tu as si souvent décrit.
    
    Le jeune couple est entré dans l’eau ; ils sont là à quelques mètres de moi, enlacés, amoureux, en harmonie.
    
    Je les envie, je les déteste… leur complicité m’explose au visage, humidifie mes yeux et me renvoie l’image de ma solitude.
    
    J’ai aimé tant de femmes, je n’en ai gardé aucune… Quand je caresse la silhouette de mes désillusions, je sais que faire l’amour à mes souvenirs me conduit à l’abîme.
    
    Il est préférable que je laisse ces deux jeunes profiter de l’instant, peut-être feront-ils l’amour dans l’eau. En rentrant chez moi, je me verserai un verre de vin et j’allumerai mon ordinateur comme chaque soir, noyant mes fleurs du mal dans des discussions érotiques qui me donneront l’illusion de vivre encore… pour un temps.
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