1. Le vieil homme et l’amer…


    Datte: 19/08/2024, Catégories: Nostalgie, souvenirs, Auteur: Francois Intime, Source: Revebebe

    Charles Baudelaire avait tellement bien décrit les choses…
    
    1 – Souvenirs et amertume…
    
    Un soir d’été, au bord de mer. Il fait chaud, presque trop chaud, malgré un léger vent qui souffle du nord. La plage s’est vidée de son flot de touristes ; quelques promeneurs sont encore là.
    
    Je regarde un jeune couple batifoler, main dans la main. Profitez, jeunesse, car bonheur d’un jour ne rime pas toujours avec… toujours !
    
    Ils sont jeunes, ils sont beaux ; les observer me rend nostalgique.
    
    Les pieds dans l’eau jusqu’aux chevilles, je contemple l’horizon :La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme. Sacré Baudelaire !
    
    Le temps a fait son œuvre.
    
    Si j’ai toujours aimé la mer, je déteste les images qu’elle me renvoie quand je la regarde.
    
    Celle de la vieillesse tout d’abord qui, jour après jour, l’air de rien, est venue prendre ses quartiers.
    
    Celle de mes échecs aussi, au moment où le temps qui passe frappe à la porte de mes illusions perdues.
    
    La vie est un long fleuve tranquille contrarié par des courants contraires. J’y ai laissé quelques plumes, beaucoup trop de plumes !
    
    Ce soir, à cause de ce joli couple qui pourtant n’y est pour rien, lorsque je regarde la mer, je ne perçois que l’amer…
    
    Amertume d’une vie qui s’éteint, à l’image de la flamme d’une bougie presque entièrement consumée ; je retiens ma respiration, pour ne pas pleurer…
    
    Tout mon être est envahi par une profonde émotion : j’ai beaucoup cru, je me suis beaucoup trompé et j’ai souvent été ...
    ... trahi…
    
    Alors oui, ce jeune couple maudit me donne le bourdon et me met en colère. Qui sont ces jeunes gens pour me jeter à la figure leur bonheur si parfait ?!
    
    Éphémère illusion d’un bonheur qui s’éteint avec le temps, tel un bien précieux qui perd de sa valeur, petit à petit, jour après jour, presque heure après heure, car chaque instant est un danger imminent.
    
    2 – Camille, ma sirène perdue…
    
    Amer, face à la mer, le vieil homme que je suis pense aux femmes de sa vie, à celles qui ont vraiment compté.
    
    À Camille, la dernière, que j’ai aimée et qui m’a tellement donné…
    
    Rencontrée sur le tard, elle est partie trop tôt – il y a presque un an –, emportée par la maladie. Un mal sournois qui s’était glissé en elle, découvert bien trop tard. La grande faucheuse s’est gavée de ce « crabe » qui a eu raison d’elle. Pourtant, étant donné notre différence d’âge, c’est vers moi que la Mort aurait dû se tourner ; je l’aurais accueillie sans sourciller, si cela avait pu la sauver.
    
    Je repense à nos moments partagés, à ces voyages lointains comme pour rattraper un temps perdu…
    
    Je repense aussi à notre rencontre et à nos instants plus intimes.
    
    Un doigt se porte instinctivement sur mes lèvres ; je peux encore ressentir le goût de sa bouche.
    
    Je perçois le souvenir de ses mains posées sur mon corps vieillissant, de la façon toute particulière qu’elle avait de prendre mon sexe entre ses doigts pour lui donner l’envie d’avoir envie, de rester en vie.
    
    Les yeux presque ...
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