1. La sculptrice aveugle - suite


    Datte: 10/08/2024, Catégories: fh, handicap, complexe, amour, fdomine, pénétratio, initiatiq, Auteur: Melle Mélina, Source: Revebebe

    ... Un chef-d’œuvre n’est pas le résultat d’une inspiration soudaine, mais le produit d’une vie de réflexions », écrivait Virginia Woolf.
    
    Après avoir tant analysé, tant étudié, tant vécu, Soliflore le ressentait, elle était proche de son but, elle était à deux doigts de produire une œuvre comme jamais elle n’en avait conçue, elle était à l’orée d’une création qui la dépasserait, une œuvre qui aurait sa propre vie et qui échapperait au contrôle de celle qui l’avait créée.
    
    Mais, pour atteindre ce sommet auquel elle aspirait, elle devait se focaliser uniquement sur son travail et ne pas se laisser distraire. La fièvre s’empara d’elle, laissant Romuald de côté, loin des pensées, intrus dans la pièce.
    
    Comment aurait-il pu comprendre l’attitude de cette femme si étrange ? Il n’avait pas les codes lui permettant d’avoir ne fut-ce que des indices. Romuald n’avait pas de passé, il n’avait pas d’histoire. Enfant d’un couple uni, parents exemplaires, vivant sans connaître le besoin et ayant reçu une bonne éducation dans une école privée, ses seules pérégrinations étaient une bagarre à l’école, une mauvaise cuite au pastis à l’âge de quinze ans et un procès-verbal pour excès de vitesse.
    
    Waouh, folie !
    
    Rien dans sa vie ne l’avait préparé à comprendre les méandres de l’âme humaine, alors, comment pourrait-il sonder les bouleversements qui s’opéraient dans l’esprit excité d’une artiste en pleine frénésie créative ?
    
    Après quelques ablutions, Romuald s’en retourna vers ...
    ... Soliflore, mais il ne vit qu’une femme qui se contrefichait de sa présence. Une femme avec qui il venait de faire l’amour ! Dans sa tête, c’était un branle-bas de combat, les idées, les réflexions se succédaient chacune à leur tour, se bousculaient afin d’avoir un début d’explication. Il se sentit délaissé, il se sentit utilisé, il se sentit sale. Cette femme s’était servie de lui et… rien ! Ils avaient fait l’amour, puis plus rien ?
    
    Rien ?
    
    De nouveau, la sensation de n’être qu’un amas de viande lui revint en tête et dans le cœur. Il la regarda stupéfait, décidé à laisser cette… femme (sorcière ? Succube ?) nue, pleine de boue, s’acharner sur le tas de glaise qui prenait des allures de corps humain sous l’effet de ses mains.
    
    Il avait eu le droit à ses caresses, mais il en voulait encore et à cet instant précis, il jalousait la sculpture en devenir. Il aurait tant voulu que les mains boueuses lui parcourent de nouveau le torse. Une partie de lui lui dictait de sortir de l’antre de cette Nymphe, une autre lui conjurait de rester, prisonnier de l’envoûtement de cette Calypso.
    
    Il prit son courage à deux mains et s’approcha de l’aveugle. Il la saisit, dans les deux sens du terme. Surprise d’être agrippée, elle eut du mal à revenir à la surface. Elle ne se débattit pas, mais s’en extrait aussi vite qu’elle fut retenue.
    
    Romuald la questionna :
    
    — Soliflore ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu…
    
    Il n’arrivait pas à finir sa phrase… Comment lui demander si cette distance créée ...
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