1. Cabine d'essayage


    Datte: 06/08/2024, Catégories: fh, essayage, amour, revede, portrait, rencontre, Auteur: stropimux, Source: Revebebe

    ... et vous feriez tourner la tête à de nombreux hommes si, après avoir repris confiance en vous – ce qui vous prendra peut-être du temps – vous acceptiez d’apporter un petit plus de féminité à votre silhouette.
    — Que voulez-vous dire ?
    — Prendriez-vous ombrage si je développais un peu mon propos ?
    — Allez-y !
    — Je commencerais par remplacer vos lunettes noires, épaisses et carrées, par une monture ronde, plus fine et de couleur vive. Votre visage prendrait de la lumière et un peu de rondeur. Je changerais également complètement votre coiffure : je la verrais courte du genre charleston ou garçonne avec une petite rose artificielle insérée dans un bandeau et une mèche qui tomberait en virgule sur le visage ou, au contraire, un chignon flou asymétrique, ou encore, pourquoi pas, un petit chapeau cloche charleston, ou encore simplement une petite voilette… Ensuite, je raccourcirais un petit peu la robe pour vous donner un peu plus de jeunesse et montrer vos jolies jambes, chausserais de petits talons, car je suppose que vous n’êtes pas habituée a en mettre des hauts, et enfin, je choisirais un soutien-gorge léger, pigeonnant, dont les fines bretelles à découvert dans le creux du cou pourraient sensuellement renseigner vos admirateurs sur sa couleur.
    
    Au fur et à mesure que j’égrainais mes idées, je voyais son regard passer par tous les états.
    
    Déconcertée, surprise, éberluée même… elle ne pipait mot, s’accrochant à mes paroles pour y chercher la moquerie qui, ...
    ... paradoxalement, pourrait la rassurer.
    
    — Mais vous vous moquez ? Monsieur…
    — Pas du tout ! Je vous vois déjà ainsi, et vous assure que stylée de cette façon, vous provoqueriez une tempête dans les braguettes nazairiennes !
    — Oh !
    
    Elle éclata de rire ! Un de ces rires libérateurs… profond, éclatant, un de ces rires qui semblait avoir mûri de longues années avant de surgir. Et ce rire avait cette qualité de s’épanouir en ondes successives sur ce corps qui semblait renaître à la vie.
    
    Puis une petite larme…
    
    Ce fut à ce moment-là que le bus arriva. Bien qu’il ne fût pas le mien, je la suivis. Il était comble. Chacune de nos mains s’agrippait à la barre centrale pour s’opposer aux soubresauts du véhicule et, au premier virage, elle s’aplatit contre mon torse. Je fus pénétré d’un parfum délicieux de couleur orangé qui ne tarda pas à m’enivrer. Un tel parfum surgissant de l’ensemble vestimentaire quelconque d’une silhouette qui mériterait un peu plus d’élégance relevait de l’incongru… !
    
    — Je vous prie de m’excuser, dit-elle, en tentant de récupérer son équilibre…
    — Je vous en prie, tout le plaisir est pour moi, lui répondis-je, et j’avoue attendre le prochain virage avec impatience…
    
    Elle se détourna en rougissant et se mit à se faufiler en jouant du coude pour se rapprocher de la sortie, un bras en avant pour fendre la foule, un bras en arrière pour sauvegarder son sac. J’arrivais alors à extirper en précipitation un stylo de ma poche et inscrivis sur mon ticket de transport « ...
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