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Cabine d'essayage
Datte: 06/08/2024, Catégories: fh, essayage, amour, revede, portrait, rencontre, Auteur: stropimux, Source: Revebebe
À Saint-Nazaire, par un jour de printemps, je me mis en quête d’aller m’acheter une chemise. J’entrai dans le premier magasin venu et, alors que je fouinais dans le portique de vêtements jouxtant la cabine d’essayage, une dame d’une cinquantaine d’années, élancée, deux grands yeux noirs à l’abri de lunettes imposantes, un visage ovale sous une chevelure un peu raide à la couleur cuivrée, une poitrine en poire pointant sous un chemisier chamarré, en ressortit, vêtue d’une robe droite en tulle de soie et dentelle de Calais, sans manches, vert émeraude, courte, la taille descendue au niveau des hanches avec un large décolleté rond laissant apparaître sa ligne de cou… Elle se planta devant la glace centrale pour juger de l’ensemble et, se tournant vers la vendeuse qui la côtoyait, lui dit : — Non, ce n’est pas pour moi : je n’ai plus l’âge de porter ce genre de choses ! Mais on la sentait quand même à la fois indécise, semblant quémander la contradiction de la vendeuse. Je ne pus m’empêcher d’intervenir : — Pardonnez-moi, Madame, de ce qui pourrait vous apparaître comme un manque de correction, mais je trouve que cette robe apporte à votre silhouette une agréable fluidité. J’aime beaucoup ! La Dame me jeta un regard surpris, étonné, hésitant. Elle était en droit de formuler un reproche, sa bouche s’apprêtait à l’émettre, mais de ses entrailles montait probablement une émotion de remerciement, car ce qui surgit de la commissure de ses lèvres fut un imperceptible ...
... frémissement qui, telle une vague, finit par s’épanouir en un sourire merveilleux. Ne voulant l’importuner plus longtemps, je continuai ma recherche dans le magasin et, ne trouvant rien de bien intéressant, en sortit rapidement pour me diriger vers l’arrêt de bus. En attente de celui-ci, je laissais vagabonder mes yeux alentour et vis cette Dame portant à la main un sac à l’enseigne de la boutique se rapprocher pour probablement emprunter le même moyen de locomotion. Sa démarche était altière mais sa silhouette longiligne semblait jaillir d’une autre époque : les vêtements et accessoires, tels le sac et les chaussures, avaient certainement parcouru de nombreuses années, et le mariage des couleurs était en inadéquation avec le standard de la mode. Perdue dans ses pensées, elle ne me remarqua qu’au dernier moment. Surprise et gênée, elle m’adressa un petit signe de la tête, ce qui me permit de lui murmurer en me rapprochant légèrement : — Alors ? Affaire conclue pour la robe ? — Oui, me souffla-t-elle ! J’ai suivi votre conseil, mais vous savez, j’ai succombé à ce genre d’achat mais, non convaincue, je crois que cet ensemble ira rejoindre les autres au fond du placard ! — Pourquoi ? lui répliquais-je. Je suis sûr que votre mari va adorer ! — Pfut ! Mon mari ? Il ne s’en apercevra même pas ! Et quand je revêts ce genre de vêtement, je ressens profondément une impression de ridicule ! — Dans ce cas, votre mari ne vous mérite pas, car votre silhouette est très agréable ...