1. « Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (36) : « La Domus Aurea »


    Datte: 22/07/2024, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Olga T, Source: Hds

    RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS
    
    Tullia, patricienne hypersexuelle et maitresse du futur empereur Titus, se trouve à Rome en juillet 64, lors du grand incendie. Sa riche Domus, au pied du Palatin, est entièrement détruite, obligeant Tullia et ses proches à se réfugier sur le champ de Mars, où Néron a organisé l’hébergement des nombreux sinistrés.
    
    Malgré tout le soutien apporté aux victimes et la lutte contre l’incendie, enfin maîtrisé après avoir ravagé Rome plus d’une semaine, Néron se voit accusé d’être à l’origine de la catastrophe.
    
    ***
    
    Comme les flammes, la rumeur s’est très vite répandue : l’incendie n’est pas accidentel, mais criminel et il a été déclenché sur les ordres de Néron, avec pour principal complice son âme damnée, le Préfet du prétoire Tigellin.
    
    L’aristocratie, qui déteste Néron, va faire circuler cette accusation. Trois motifs expliqueraient le crime de l'empereur, selon ses accusateurs.
    
    Le premier est d'ordre ludique, voire esthétique et lié au goût du prince pour le théâtre : il aurait voulu reconstituer dans la réalité ce que la tradition poétique posthomérique racontait sur l'incendie de Troie et dont il avait lui-même repris la substance dans une œuvre personnelle. Depuis son palais, la lyre à la main, Néron aurait admiré les flammes et aurait déclamé des vers évoquant le sort de Troie.
    
    Le deuxième motif se réfère aux projets urbanistiques qu'on lui prête : un nouvel aménagement de la ville dont les constructions, laides et mal ...
    ... commodes, le choquaient. Cette hypothèse peut d'ailleurs s'accorder avec celle de l'origine accidentelle, si l'on suppose que Néron, constatant les dégâts du feu, en aurait profité pour parachever une destruction qui arrangeait ses desseins.
    
    Le troisième motif avancé est tout simplement celui de sa folie, qui lui avait fait souhaiter l'anéantissement de la ville et la disparition de tous ses habitants.
    
    Les historiens modernes, contrairement à Tacite, Suétone et Dion Cassius, ont lavé Néron de ce terrible crime. Il n’empêche que la calomnie a porté ses fruits : dans une ville où le centre historique a été réduit en cendres, où plus du cinquième de la population se retrouve sans toit et où il y a eu des dizaines de milliers de morts, Néron l’extravagant, le criminel, le matricide est le principal suspect.
    
    L’empereur a besoin d’urgence de détourner cette colère et de trouver un bouc-émissaire. Il va être encouragé par Poppée, Tigellin et son grand affranchi Epaphrodite, son secrétaire « a libellis », à mettre en cause la petite communauté chrétienne de Rome. C’est Poppée qui lance l’accusation :
    
    • César, les coupables sont les Chrétiens. Leurs pratiques rituelles en font une secte secrète et criminelle. Ils ont mécontenté les dieux de Rome et provoqué leur colère !
    
    • L’Augusta a raison, dit Epaphrodite. Ils pratiquent leur culte en se cachant. Ils commettent les forfaits les plus abominables. On les accuse d’infanticide, de manger de la chair humaine et de boire du ...
«1234...10»