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0325 Un été, un voyage et des retours.
Datte: 05/07/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds
... lumineuse, imparable. Mais Jérém n’est pas de cet avis. — Tu as besoin de te concentrer sur tes rattrapages. Et si tu restes à Paris, tu n’y arriveras pas, parce que tu ne feras que t’occuper de moi. — J’adore m’occuper de toi ! — Je sais, Ourson, je sais. Tu m’as déjà tellement aidé ! Mais maintenant je peux y arriver seul. Toi aussi tu as des choses importantes à faire. Il n’y a pas que ma carrière au rugby qui compte. Tes études et ton avenir comptent tout autant. — Tu seras à Paris et moi à Bordeaux, je considère avec tristesse. — Oui, mais on va se revoir. Tu vas monter à Paris et je vais venir te voir à Bordeaux. — Mais moi j’ai envie d’être avec toi tout le temps ! — Je te promets que nous nous reverrons plus souvent qu’avant ! — Maintenant que tu es de plus en plus connu, ça va être de plus en plus compliqué pour toi ! — Je m’en fous ! Je ne veux pas te perdre, et je ne veux pas non plus être loin de toi. On trouvera le moyen, je te le promets ! En France, non ne faisons plus que des étapes physiologiques. Toilettes, repas, cigarettes. Lors d’une halte près de Montpellier, après avoir écrasé son mégot, Jérém me lance : — C’est la dernière, tout en me montrant son paquet vide. — On trouvera un bureau de tabac, je fais, arrangeant. — Pas besoin. C'était ma dernière. Ma toute dernière cigarette. — Quoi ? — Je crois que je n’ai plus besoin de ça. — Tu es sérieux ? — Je n'ai jamais été aussi heureux qu'aujourd'hui. Et ...
... c'est grâce à toi, Nico. Mardi 26 août 2003. Ce matin, je me sens terriblement triste. Je voudrais arriver à prendre sur moi, je voudrais pouvoir ne pas lui saper le moral. Mais je n’ai pas très bien dormi, et j’ai du mal à cacher ma morosité. Pendant que je ramasse mes affaires à l’appart de Capbreton, j’ai envie de crever. J’ai du mal à retenir mes larmes. Je réalise que nos vacances ensemble sont finies pour de bon. Je réalise que le petit nuage sur lequel je planais depuis quelques semaines s’est dissipé pour de bon. J’ai l’impression que j’en suis redescendu tellement brutalement que me suis cassé quelque chose. Mon cœur, certainement. Mes sanglots éclatent à nouveau, comme la veille, pendant que je ferme mon sac de voyage. Ses bras passent autour de ma taille, son torse enveloppe le mien, ses baisers se posent sur mon cou. Même si je sais que demain j’aurai encore envie de pleurer, et qu’il ne sera plus là pour me prendre dans ses bras, ça me fait un bien fou. Je passe régler mes dernières semaines de location et nous allons au Centre pour récupérer les affaires de Jérém et accomplir les formalités de sortie. Cette dernière étape prend un certain temps, et nous ne repartons qu’à midi. Nous arrivons à Bordeaux dans l’après-midi. J’aurais tellement envie que Jérém reste avec moi cette nuit, mais il ne peut pas. Il doit être à Paris demain matin, et il a besoin de faire la route calmement. Ça me déchire le cœur de le voir partir. Je le serre très fort contre ...