1. 0325 Un été, un voyage et des retours.


    Datte: 05/07/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... connaissance sommaire de la langue française, ils essaient de nous faire la conversation. Jérém se prête au jeu, il est avenant et drôle, et nous finissons par sympathiser avec ce couple charmant. Nous passons une très agréable soirée.
    
    Pourtant, au fond de moi, j’ai l’impression que Jérém est tout aussi triste que moi, et qu’il surjoue sa bonne humeur pour essayer de me remonter le moral. Pendant quelques instants, l’illusion fait effet, et j’en arrive presque à oublier que dans quelques heures nous serons séparés.
    
    Mais ma tristesse revient dès que nous quittons nos hôtes, lorsque je me retrouve seul avec Jérém, et que le silence s’installe à nouveau entre nous. Au lit, ce sont les baisers et les caresses qui prennent la place des mots qui ne sauraient certainement rien ajouter de plus. Nous faisons l'amour dans cette petite chambre de cette petite masure au milieu des oliviers. C'est un petit adieu, du moins c'est ainsi que je le ressens.
    
    Lundi 25 août 2003.
    
    Malgré le petit déjeuner copieux et varié préparé par nos hôtes, malgré leur bonne humeur matinale, je quitte ce petit coin du Paradis au milieu des oliviers avec le cœur bien lourd.
    
    C’est toujours un petit déchirement que de quitter un endroit si beau. De plus, c’est notre dernière étape avant Capbreton. C'est la dernière scène avant le générique de fin. Ou peut-être que c’est déjà le générique de fin. Quoi qu’il en soit, c’est la dernière journée en compagnie de Jérémie. C’est surtout ça qui rend ...
    ... mon cœur lourd.
    
    Nous approchons de Vintimille lorsque Lattemiele nous apporte la douce mélancholie de « Una lacrima sur viso » de Bobby Solo.
    
    https://www.youtube.com/watch?v=T4JhV0-jI6w
    
    Nous passons la frontière, nous changeons de pays, et j’ai envie de pleurer à l’idée de quitter cette terre qui m’a offert tous ces moments inoubliables avec le garçon que j’aime. Au revoir, Italie, terre de mon bonheur avec Jérém. Il n’y a qu’à Campan où j’ai été si heureux.
    
    Nous changeons de pays, mais je ne change pas de radio. Je reste sur Lattemiele jusqu’à ce que son signal se dissolve en un bruit de fréquence perdue. Lorsque la radio recommence à parler et à chanter en français, je sais que ces vacances sont terminéesw pour de bon.
    
    Une partie de moi est toujours sur un petit nuage, et refuse catégoriquement d’en redescendre. Et pourtant, c’est bien ce qui est en train de se produire, borne après borne. Le nuage se dissipe, je tombe. C’est violent, insupportable.
    
    Les larmes coulent de mes yeux, des sanglots incontrôlables secouent mon corps.
    
    — Eh, qu’est-ce qu’il y a, Ourson ? me questionne Jérém, inquiet et touché.
    
    — C’était tellement bien ce voyage ! Merci, merci Jérém de m’avoir offert tout ça ! Merci pour ce cadeau !
    
    — C’est toi le cadeau, Nico ! il me répond du tac-au-tac, en posant sa main sur ma cuisse.
    
    — Je ne veux plus qu’on soit séparés !
    
    — Moi non plus !
    
    — Je pourrais réviser à Paris ! je réfléchis soudain à haute voix.
    
    L’idée me paraît ...
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