1. 0325 Un été, un voyage et des retours.


    Datte: 05/07/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    Dimanche 17 août 2003.
    
    Le lendemain de la nuit passée en compagnie de Giovanni, le beau spécimen florentin, nous prenons la direction de Siena. La radio Lattemiele nous fait découvrir « Maledetta primavera » de Lorella Goggi.
    
    https://www.youtube.com/watch?v=bzkuaZnEVQ8
    
    Siena.
    
    A l’instar de Firenze, Siena est un bijou d’architecture d’une rare beauté. Une autre ville chargée d’une histoire riche et flamboyante dont chaque pierre, chaque brique, chaque pavé, chaque tuile semble se souvenir. En écoutant bien, il semblerait qu’ils se souviennent aussi des ouvriers et artisans qui ont laissé la santé ou même la vie dans ces chantiers pharaoniques à la gloire des puissants et de leurs folies de grandeurs. Oui, la beauté traîne des casseroles elle aussi.
    
    Entre la Toscane et le Latium, Lattemiele nous apporte le son de l’Italie avec :
    
    Nessuno de « Mina ».
    
    https://www.youtube.com/watch?v=4nHEqcRjVm8
    
    Et :
    
    Sarà perché ti amo, des « Ricchi e Poveri ».
    
    https://www.youtube.com/watch?v=8wA_0lSxkG8
    
    Roma.
    
    Nous arrivons dans la capitale del Bel Paese en fin d’après-midi. Et pour la première fois depuis le début de notre périple transalpin, nous avons un peu de mal à trouver une chambre pour la nuit. Le temps de nous loger, il est l’heure du dîner, sans que nous n’ayons eu le temps de visiter quoi que ce soit.
    
    Ce soir, c’est salade avec mozzarella di bufala. C’est la vraie, celle préparée à base de lait de bufflonne, celle qui a du goût, et qui nous ...
    ... régale ce soir.
    
    Pour la suite, ce sera bucatini (des gros spaghettis creux à l’intérieur) all’amatriciana, une sauce tomate légèrement pimentée (au peperoncino) et garnie de lardons.
    
    Ainsi, lorsque nous sortons du restaurant nous n’avons encore rien visité des beautés de Rome. Mais nous n’allons pas tarder à en visiter une, faite non pas de pierre et de bois, mais de chair et de charme.
    
    Ironie du sort, c’est dans un bar tout près du Vatican que le regard d’un jeune Romain, la vingtaine tout juste, accroche les nôtres. Il est assis en compagnie de quelques potes à une table non loin de la nôtre. Et il a l’air de s’ennuyer ferme. Notre présence semble constituer pour lui une diversion intrigante.
    
    Ses regards sont timides. Et néanmoins insistants. J’ai l’impression qu’il se pose des questions pour Jérém et moi, sans pour autant arriver à faire confiance à son intuition. Il a l’air coincé avec ses amis, ce soir, à cette table. Je me dis que c’est peut-être le cas aussi dans sa vie en général.
    
    Dans son regard, il me semble retrouver les questionnements que je me posais plus jeune, lorsque je croisais le regard d’un garçon qui semblait s’attarder sur moi : Es-tu comme moi ? Voudrais-tu m’amener loin d’ici, et m’offrir le bonheur d’un instant, d’une heure, d’une vie ?
    
    — Il est mignon, me glisse Jérém.
    
    J’adore notre complicité, celle de nos regards, de nos ressentis, cette façon de nous comprendre au quart de tour.
    
    — C’est clair !
    
    — Il me fait penser à toi, il ...
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