1. 0324 Une finale en costard et un nouveau départ.


    Datte: 20/06/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... montagne. Au bout de quelques kilomètres, nous tombons sur un village au nom prometteur de Dolceacqua, littéralement « L’eau douce ».
    
    — Ça doit être ici… fait mon bobrun.
    
    Dolceacqua est un village qui se déploie le long d’une rivière surmontée par un petit pont en pierre très ancien. Sur la droite, une grande église domine le village du haut d’une colline. Les couleurs des façades des maisons varient entre le blanc, le jaune, l’orange, le rose. Les toits sont en terre cuite. Le tout donne une impression d’homogénéité, d’harmonie, comme si tout le village avait été construit à la même époque et que le temps s’était arrêté juste après.
    
    Nous faisons un tour à pied, et nous trouvons une petite pension bien charmante. Notre hôtesse est une femme d’une cinquantaine d’année, avec des formes généreuses et l’air d’être une bonne vivante. Elle parle fort, mais sa voix est douce. Elle parle un peu le français, mais elle laisse souvent glisser des mots d’italien dans la conversation.
    
    — Vous voulez mangiare questa soirée, ragazzi miei ? elle nous interroge.
    
    C’est la première fois que je me fais traiter de « ragazzo ». Je trouve que ça sonne bien.
    
    Jérém et moi avons tous deux envie de découvrir la cuisine maison, alors nous acceptons volontiers. Nous n’allons pas le regretter. Elle nous prépare des « orecchiette al ragù », et c’est un délice.
    
    Ce soir-là, dans cette petite chambre au décor suranné mais charmant, au beau milieu de ce petit village mignon comme tout, ...
    ... dans ce pays que nous allons découvrir ensemble et dont la première mise en bouche nous enchante, nous faisons l’amour. C’est bon, tendre, sensuel. Je n’arrête pas de me dire que ça valait vraiment le coup de m’accrocher pendant tous ces mois, et même avant, pendant les hauts et les bas de notre relation pendant deux ans. Ça valait le coup d’attendre pour en arriver là, pour être récompensé par ce bonheur immense.
    
    Vendredi 15 août 2003.
    
    Le lendemain matin, notre hôtesse nous donne des sandwiches et des boissons pour la route, et nous recommande un petit crochet par Apricale avant de continuer notre route. Quelque chose dans son regard me laisse imaginer qu’elle a compris pour Jérém et moi. Mais ça n’a pas l’air de l’offusquer. En tout cas, ça ne lui a pas enlevé son sourire et sa bonhomie.
    
    Apricale est un village dont le nom décrit une destinée. Ou du moins l’intention de ses bâtisseurs. Apricale signifie en effet « exposé au soleil ».
    
    Accrochées sur un flanc de colline exposé plein sud et posées au milieu d’un paysage verdoyant, ses nombreuses maisons semblent collées les unes aux autres, comme des moules sur un rocher, comme des fruits sur un gâteau.
    
    Apricale se découvre en laissant la voiture à ses pieds, et en remontant à son sommet par des ruelles minuscules, escarpées, constituées de pierres polies par les innombrables pas des hommes à travers les siècles. Les passages étroits, tous invitant à l’ascension, la pierre omniprésente, son charme si singulier lui ...
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