1. 0324 Une finale en costard et un nouveau départ.


    Datte: 20/06/2024, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... conféreraient presque des allures de Mont Saint Michel.
    
    Oui, la montée est rude. J’ai hâte de tout voir, de découvrir le cœur du village. Mais je m’adapte à l’allure de Jérém pour ne pas le fatiguer. Et surtout pour ne pas le pousser à prendre le moindre risque avec son genou et sa cheville.
    
    Je le laisse passer devant et donner le rythme de la marche. En le regardant par derrière, si tant est qu’il soit possible que j’arrive à décrocher mon regard de son magnifique dos en V, sa boiterie attire mon regard.
    
    — Tu as mal au genou ? je le questionne.
    
    — Non.
    
    — Au pied ?
    
    — Non plus, pourquoi ?
    
    — On dirait que tu n’oses pas poser ton pied.
    
    — Je n’ose pas le poser !
    
    — Tu as peur de quoi ?
    
    — J’ai peur de casser quelque chose !
    
    — Le médecin a dit que tu ne crains plus rien.
    
    — Je sais, mais c’est plus fort que moi. Je n’arrive pas à être serein.
    
    — Tu sais que quand tu vas recommencer à jouer, tu auras besoin de tes deux pieds bien collés au sol…
    
    — S’il le faut, je ne recommencerais jamais à jouer…
    
    — Pourquoi tu dis ça ?
    
    — J’ai peur qu’ils ne renouvellent pas mon contrat !
    
    — Ils le renouvelleront, je lui lance, sur le ton le plus formel dont je suis capable.
    
    Mais il est vrai qu’il y a de quoi s’inquiéter. Si le club a vraiment suspendu le renouvellement du contrat à la récupération de Jérém, maintenant que les résultats sont là, maintenant que les médecins annoncent un possible retour sur le terrain avant la fin de l’année, il devrait ...
    ... se manifester. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Le contrat arrive à échéance le 31 août, soit dans deux semaines et aucune nouvelle ne filtre de la part de la direction. Personne n’appelle et personne ne peut renseigner Jérém. Même pas son agent, qui est toujours aux abonnés absents. Voilà l’unique bémol dans la parfaite symphonie que sont nos vacances en Italie.
    
    La place d’Apricale est petite mais magnifique, entourée de bâtisses imposantes et harmonieuses, dont l’église et l’hôtel de ville. Sur un côté fermé par une rambarde, elle s’ouvre sur la vallée. Le paysage est époustouflant.
    
    A l’opposé, se trouve un bar avec des tables en terrasse. Nous nous asseyons et Jérém commande un cappuccino et un croissant. Je fais de même. Quelques minutes plus tard, une vérité fondamentale me saute aux yeux. Il faut être en France pour acheter un bon croissant. Mais il faut l’amener en Italie pour l’accompagner d’un bon cappuccino.
    
    Dans l’après-midi, nous faisons escale aux Cinque Terre. Encore un lieu à la beauté singulière et ravageuse. Il s’agit de cinq villages l’un à la suite de l’autre, accrochés à la montagne et surplombant la mer. Les vagues s’écrasant sur les rochers laissent apparaître les bleus turquoise des profondeurs.
    
    Là encore, la palette chromatique de l’œuvre de l’Homme (le blanc, le jaune, l’orange, le rouge, le rose, le violet des façades, le vert et le bleu des volets) se combine à merveille avec les tonalités de la nature (le turquoise de la mer, le blanc ...
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