1. Comme une boule de flipper.


    Datte: 18/06/2024, Catégories: fh, banlieue, cave., Auteur: Iovan, Source: Revebebe

    ... la cloua de stupeur !!
    
    Ce qui sortait de son corps n’était pas sa voix mais les bruits d’une machine…d’un flipper !!!
    
    — TCHLINKETINKETINK-SHBAM DENG-DADATCHIKTCHIK-KLONG-BIP-PAW-TENG-TENG-TENG-BANG !
    
    Elle devenait folle !
    
    Plus rien ne faisait sens… Elle dégringolait dans quelque chose qui devait être l’enfer !
    
    Le choc qu’elle ressentit arrêta instantanément ses larmes… C’était inconcevable… Le cauchemar continuait, prenant d’autres formes… mais ce n’était pas possible, ça ne pouvait pas continuer comme ça…elle allait se réveiller.
    
    Elle s’assit sur le bord de son lit, prostrée… elle allait essayer de dire quelque chose… pour voir…pour… Oh ! Mon Dieu ! Aidez-moi… ! Elle ouvrit la bouche :
    
    — DLEN, DLEN, DENG-DENG, TCH-BANG, BANG, TATATATA, POW, SCHLING !
    
    Elle ne pouvait plus parler… tout ce qui sortait de sa bouche était ces bruits odieux…les bruits d’une machine… Elle resta interdite plusieurs minutes, serrant toujours convulsivement sa petite peluche… l’espèce de calme absurde qui vous envahit immédiatement après la catastrophe l’anesthésiait… elle ne pouvait plus penser à rien… elle ne voulait plus rien.
    
    « Du huitième, ce serait facile »
    
    Elle ouvrit sa fenêtre et se tint devant un long moment le front appuyé au
    
    ventail, quand derrière sa porte elle entendit gratter.
    
    Elle ouvrit, se baissa et prit Mouthe dans ses bras, la vieille chatte ronronnait.
    
    Elle voulut lui parler :
    
    — DADADADA-TCHLINKETINKETINK-SHBAM-TCHIKTCHIKTCHIK-KLANG ...
    ... !
    
    La vieille minette la regarda de son regard de sphinx et sembla lui dire :
    
    Tu as une drôle de voix ce soir… mais, je te reconnais, c’est bien toi !
    
    Elle pleura encore… éructant cliquètements, tintements et sonneries…Elle se dégoûtait…embrassant Mouthe, elle respirait l’odeur familière de son poil, odeur qu’elle connaissait depuis qu’elle avait cinq ans, essayant de se rassurer…
    
    Le téléphone sonna au salon.
    
    Elle alla fermer sa porte à clé. Quand ses parents rentreraient, elle ferait semblant de dormir. Elle s’allongea sur son lit… le jour déclinait. Mouthe vint s’allonger sur elle… comme avant.
    
    Seulement, plus rien n’était comme avant. Abdel et sa clique avec le piège grossier qu’ils lui avaient tendu l’avaient précipitée dans le vice et la souillure et pour cet instant d’égarement elle venait de foutre sa vie en l’air.
    
    Ses parents ne rentraient pas ce soir, elle était allée écouter le message au salon. Ils restaient aussi demain à Criquetôt pour finir les foins.
    
    Elle ne s’endormit, abrutie de chagrin, qu’au petit matin, torturée de remords et bourrelée d’angoisse… souhaitant ne jamais se réveiller.
    
    Elle se réveilla, pourtant… comme d’un cauchemar, n’ayant que peu dormi, avec la sensation d’être encore plus fatiguée et brisée que quand elle s’était couchée, un goût de cendres dans la bouche. Elle s’essaya à plusieurs reprises de parler, à chaque fois, ce fut le même tintamarre absurde de bruits odieux ravivant encore un peu plus le mauvais rêve qu’elle ...