-
« Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (20) : mariage
Datte: 11/06/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... suicida. Quant au sénateur Plautius Lateranus, neveu du général Aulius Plautius, le conquérant de la Bretagne, il fut condamné à l’exil, chassé du sénat mais sauva sa tête. Narcisse n’oublie pas l’aide importante apportée par Lateranus dans le piège tendu à Messaline et Silius. De même, Caesoninus fut épargné, pour avoir rallié Claude in extremis, par égard pour son père Rufus, et parce qu’il était établi, de par ses préférences sexuelles, qu’il ne pouvait avoir été l’amant de Messaline. Son genre de vie lui avait attiré une mauvaise réputation dont il se servit pour se protéger lors de la répression des complices de Messaline. Lui aussi fut chassé du sénat : son aveu de « muliebra pati » en faisait un « gender deviant », c’est-à-dire un homme qui refusait sa masculinité, conduite incompatible avec la dignité sénatoriale. En résumé, Caesoninus menait une vie dissolue, qui l’avait amené à fréquenter le cercle de Messaline. Lors de la féroce répression de 48, l’aveu de ses mœurs et l’influence de son père le sauvèrent de la mort, mais il fut exclu du Sénat et renié par sa famille. Il eut pourtant une fille qui hérita de son grand-père, Rufus, signe qu’elle-même avait été éloignée de son père par sa famille afin de préserver son honneur. Tous les autres anciens amants et complices de Messaline sont condamnés et traînés au supplice : Silius bien entendu, qui meurt avec beaucoup de courage, en Romain, le chevalier Titius Proculus, Calpurnianus, le commandant des Vigiles, le ...
... sénateur Virgilianus, ami très proche de Valens (voir les chapitres 7 « La soirée de Tullia » et 12 : « Les plaisirs de Tullia ») Beaucoup des accusés ne cherchent pas à se défendre, sachant ce que signifiait pour eux la chute de Messaline. Le chevalier Traulus Montanius tente de sauver sa tête. Montanus se défend en montrant un ordre signé de Claude lui intimant l’ordre de coucher avec l’impératrice, Messaline ayant l’habitude d’extorquer la signature de l’empereur, pour « ne pas fatiguer ses yeux » ! Claude lui fait remarquer qu’il n’avait ni été obligé d’assister au mariage, ni de déshonorer Licinia, la nièce de Narcisse. Montanus fait donc partie des condamnés. Le mime Mnester tente, lui aussi, de se disculper, en disant qu’il avait été forcé de devenir l’amant de Messaline. Il rappelle l’ordre de Claude, lui intimant de « faire tout ce que Messaline lui demanderait » et montre son dos qui portait des traces de coups de fouet. Mnester fait observer que les autres ont été séduits par l'intérêt ou par l'ambition, mais que lui n'a fait que céder à la contrainte, qu'enfin il aurait probablement été le premier à périr si Silius fût parvenu au pouvoir. Claude, poussé par son caractère clément, est prêt à lui pardonner, mais ses affranchis s'y opposent. Narcisse fait observer à Claude que les traces de fouet sont anciennes et que cela doit relever de « leurs jeux pervers ». Mnester doit mourir comme les autres amants de Messaline. Quand son tour arrive, Lurco se montre ...