1. « Matrone et Domina : Tullia, une patricienne hypersexuelle dans la Rome impériale » (20) : mariage


    Datte: 11/06/2024, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds

    ... poussé par son entourage, va-t-il enfin réagir ?
    
    La brève liaison entre Tullia et Silius a provoqué une crise entre Valens et Tullia. Parsam, l’eunuque arménien, qui forme avec eux un trio amoureux, a réussi à convaincre Valens de se réconcilier avec Tullia. C’est alors que Lurco fait son retour et menace Tullia et ses amours.
    
    ***
    
    L’empereur étant parti pour Ostie, la cérémonie nuptiale a lieu, en présence de nombreux témoins, autour de Silius, en habits de fête, et de Messaline, couverte du voile de safran des fiancées. Le lit nuptial des nouveaux époux, couvert de pourpre de Tyr, est consacré. Tout se déroule selon les rites d’un mariage romain en bonne et due forme.
    
    Outre des auspices et des sacrifices, il y a un contrat de mariage, revêtu du sceau de Claude, fruit de sa crédulité ou extorqué par Messaline. Ce contrat prévoit une dot d’un million de sesterces apportée par Silius. Il est aussi écrit dans l’acte que les conjoints se marient pour avoir des enfants. Silius et Messaline ont bien en tête de renverser Claude pour installer une nouvelle dynastie.
    
    Nous sommes en automne, la saison où, à Rome, le sang bouillonne et fermente dans les veines comme le vin dans les cuves. Aux jardins du Palatin, Messaline s’est rendue en compagnie de son bien-aimé. Ses esclaves, ses affranchis, ses courtisans, ses compagnons de débauche, ses amis et ceux de Silius se sont réunis dans ces jardins, pour une fête champêtre et mythologique. Les femmes sont déguisées en ...
    ... bacchantes, les hommes en satyres. Les bacchantes agitent des thyrses, ces grands bâtons en bois de cornouiller, orné de feuilles de lierre et surmonté d'une pomme de pin. Ces thyrses sont l’attribut majeur de Dionysos. Quant aux hommes, ils font raisonner les crotales, sorte de cliquette, employée spécialement dans le culte de Cybèle et dont on se servait fréquemment aussi pour accompagner la danse. Messaline renoue ainsi, un siècle après, avec les pratiques dionysiaques de son ancêtre, le triumvir Marc Antoine.
    
    Messaline, échevelée, le front haut et le sein nu, se tient appuyée sur Silius, le front revêtu d’une couronne de pampre, symbole du Dieu Bacchus. Le nouveau mari de Messaline balance sa tête, envouté par le chant bruyant des chœurs lascifs. Autour du couple enlacé, tournoie une troupe affolée d'ivresse et de plaisir. Partout ruisselle des cuves le vin nouveau que presse le pied nu des bacchantes. Les hymnes des corybantes, qui célèbrent le culte de Cybèle, et les danses des ménades, les adorateurs de Dionysos, retentissent au pied des grands ormes enguirlandés de vignes. Sous ce chaud soleil, de cette débauche et de ce vin qui déborde à pleins flots s'élève une âcre vapeur. Le mariage de Messaline est la plus grande bacchanale jamais organisée par l’Augusta Meretrix, pourtant coutumière de soirées orgiaques.
    
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    Au fur et à mesure de l’avancée de la bacchanale, tous les convives se laissent allés à l’ivresse et au stupre. Le vin lève leurs inhibitions, ...
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